Affaire Khashoggi: les excuses du patron d'Uber

Etats-UnisDara Khosrowshahi s'est excusé d'avoir parlé «d'erreur» au sujet de l'assassinat de l'opposant saoudien. Ryad est le cinquième actionnaire d'Uber.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Le patron d'Uber, Dara Khosrowshahi, s'est excusé lundi après avoir déclaré dans une interview que l'assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, dans lequel Ryad a reconnu sa responsabilité, était une «erreur».

«Il ne peut y avoir de pardon ou d'oubli de ce qui est arrivé à Jamal Khashoggi et j'ai eu tort d'appeler cela une erreur », a tweeté Dara Khosrowshahi lundi matin pour expliquer ses propos de la veille dans un entretien à Axios. «J'ai dit quelque chose sur le moment que je ne pense pas. Nos investisseurs connaissent mon point de vue depuis longtemps sur ce point et je suis désolé de n'avoir pas été aussi clair sur Axios», a encore expliqué le patron du groupe.

L'Arabie saoudite, à travers son fonds d'investissement souverain, est le cinquième actionnaire du numéro un de la location de voitures avec chauffeur et le gouverneur du fonds, Yasir al-Rumayyan, siège à son conseil d'administration.

Tollé aux Etats-Unis

Les déclarations du patron d'Uber ont provoqué un tollé aux États-Unis, où Jamal Khashoggi collaborait au «Washington Post» et où son assassinat dans des conditions atroces avait suscité des critiques sévères contre le pouvoir saoudien, y compris au Congrès.

«Je pense que le gouvernement (saoudien) a dit qu'il avait fait une erreur», a déclaré dimanche Dara Khosrowshahi, avant de se lancer dans une comparaison hasardeuse. «C'est une erreur grave, mais nous aussi avons fait des erreurs, dans la conduite automatique (...) et nous nous remettons de cette erreur», a-t-il ajouté, faisant allusion à un incident dans lequel une voiture autonome d'Uber avait tué accidentellement une piétonne en mars 2018.

Interloqué, le journaliste d'Axios a interpellé le PDG sur cette comparaison entre un accident et un assassinat. «Je pense que les gens font des erreurs et cela ne veut pas dire qu'on ne peut jamais leur pardonner. Je pense qu'ils ont pris ça (le pouvoir saoudien) sérieusement», a répondu Dara Khosrowshahi.

«Les Saoudiens sont comme n'importe quel actionnaire. Puisque nous sommes maintenant cotés en Bourse, n'importe qui peut investir. Et ils sont un gros investisseur, comme vous pourriez l'être», a-t-il encore rétorqué au journaliste.

#BoycottUber

L'entrée en bourse d'Uber est un fiasco du point de vue des actionnaires. Introduit à 42 dollars, le titre a terminé lundi à 27,14 dollars.

Karen Attiah, une écrivaine et collègue de Jamal Khashoggi au «Washington Post», s'est indignée des propos du patron d'Uber, en rappelant que le journaliste saoudien se déplaçait en Uber quand il s'était volontairement exilé aux Etats-Unis. «Quelle terrible ironie que nous devions envisager le pardon», a lancé Karen Attiah, avant de conclure une série de tweets par le mot-dièse #BoycottUber sur Twitter.

Des documents déposés vendredi auprès du gendarme de la Bourse ont par ailleurs montré que le cofondateur et ex-patron d'Uber, Travis Kalanick, avait récemment vendu 21% de ses parts dans l'entreprise pour quelque 547 millions de dollars. (afp/nxp)

Créé: 12.11.2019, 00h03

Articles en relation

Une stèle commémorative pour Khashoggi à Istanbul

Turquie Une pierre à la mémoire du journaliste saoudien a été inaugurée en face du consulat de son pays dans la ville turque, où il a été assassiné. Plus...

«Le prince héritier doit être transparent»

Meurtre de Khashoggi Il y a un an, le journaliste saoudien Jamal Khashoggi était assassiné. Des défenseurs des droits humains demandent justice. Plus...

Les échanges glaçants des assassins de Khashoggi révélés

Meurtre de Khashoggi Un enregistrement fourni par les autorités turques, qui avaient placé des micros dans le consulat où a été assassiné le journaliste, est révélé. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.