Ankara fâche Damas avec une «zone de sécurité»

Conflit syrienLes déclarations du président turc qui souhaite établir une «zone de sécurité» en Syrie provoquent la colère de Damas.

Damas assimile les déclarations d'Erdogan sur l'établissement d'une «zone de sécurité» en Syrie à un «langage de l'occupation et de l'agression».

Damas assimile les déclarations d'Erdogan sur l'établissement d'une «zone de sécurité» en Syrie à un «langage de l'occupation et de l'agression». Image: Archive/AFP

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Les autorités syriennes ont dénoncé mardi comme une «agression» les déclarations du président turc Recep Tayyip Erdogan qui a dit que son pays était prêt à établir une «zone de sécurité» en Syrie, pays en guerre frontalier de la Turquie.

Les déclarations «irresponsables» de M. Erdogan «montrent une nouvelle fois que son régime ne traite qu'avec le langage de l'occupation et de l'agression», a indiqué l'agence officielle Sana, citant une source au ministère des Affaires étrangères.

La question de la zone de sécurité, qui serait établie entre la frontière turque et les positions d'une milice kurde soutenue par Washington mais honnie par Ankara, a été évoquée dans un entretien téléphonique lundi entre M. Erdogan et le président américain Donald Trump.

«La Syrie affirme que la tentative de porter atteinte à son unité est considérée comme une agression claire et une occupation de son territoire», a ajouté la même source en accusant la Turquie de «soutenir le terrorisme».

«Nous sommes déterminés à défendre par tous les moyens notre peuple et notre territoire contre toute forme d'occupation ou d'agression, y compris l'occupation turque», a-t-elle poursuivi.

M. Erdogan a affirmé à M. Trump que la zone de sécurité serait établie par la Turquie et que son pays demanderait un appui logistique de la coalition internationale antijihadistes regroupant une soixantaine de pays, dont les Etats-Unis et la France.

Depuis l'annonce en décembre par Donald Trump du retrait prochain des troupes américaines de Syrie, la Turquie et les Etats-Unis s'efforcent de trouver un accord qui les satisfasse mutuellement au sujet de la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG).

Si Washington appuie les YPG contre l'organisation djihadiste, Etat islamique (EI), Ankara qualifie cette milice de «terroriste» et menace depuis plusieurs semaines de déclencher une nouvelle offensive contre ses positions dans le nord de la Syrie, frontalier de la Turquie.

La Turquie défend depuis plusieurs années l'idée d'une «zone de sécurité» le long de sa frontière en Syrie, mais cette proposition a jusqu'ici été rejetée, y compris par le prédécesseur de Donald Trump, Barack Obama.

Le pouvoir syrien a souvent dénoncé la présence en Syrie de soldats turcs déployés dans le nord du pays, au côté de rebelles syriens appuyés par Ankara. (afp/nxp)

Créé: 15.01.2019, 22h12

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