Après les agressions de Cologne, les réfugiés trinquent

AllemagneLa droite populiste instrumentalise les violences sexuelles de la Saint-Sylvestre pour dénoncer la politique d’asile de la chancelière.

Une foule devant la station principale à Cologne, après les agressions du 31 décembre 2015.

Une foule devant la station principale à Cologne, après les agressions du 31 décembre 2015. Image: EPA

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On ne sait encore rien des agresseurs de la Saint-Sylvestre à Cologne. Mais la droite populiste a déjà trouvé les coupables: les réfugiés. «Alors, Madame Merkel! Après cette vague de violences, l’Allemagne est-elle assez ouverte et colorée à votre goût?» a attaqué Frauke Petry, la présidente du parti populiste et xénophobe AfD (Alternative pour l’Allemagne) dont les intentions de vote dépassent les 10%.

Les agressions étant vraisemblablement le fait de jeunes hommes d’origine étrangère, l’affaire est politiquement très sensible. L’Allemagne a accueilli plus d’un million de réfugiés en 2015 – soit 80% du contingent européen – et plus de 3000 migrants arrivent encore chaque jour dans le pays.

Bavarois en colère

L’aile bavaroise et ultraconservatrice du parti chrétien démocrate (CSU) a profité de l’affaire pour dénoncer la politique d’asile «sans limites» de la chancelière, hôte mercredi de cette même CSU. Alors qu’aucun agresseur n’a été identifié, le secrétaire général de la CSU, Andreas Scheuer, a déjà réclamé «l’expulsion immédiate des réfugiés qui harcèlent les femmes sexuellement». En réponse, Angela Merkel a répété qu’elle ne plafonnerait toujours pas le nombre de réfugiés arrivant en Allemagne.

Aucun indice ne permet pour l’instant de mettre en cause des réfugiés ou des demandeurs d’asiles. «Nous ne savons pas encore grand-chose sur les agresseurs», a insisté Thomas de Maizière, le ministre fédéral de l’Intérieur et membre de l’Union chrétienne-démocrate(CDU), qui a appelé à éviter les amalgames.

Pas encore d'arrestations

La police n’a procédé à aucune arrestation. Selon les experts, il y a d’ailleurs peu d’espoir de retrouver les auteurs. «Il est peu vraisemblable qu’on puisse les confondre avec les quelques vidéos tournées dans la pénombre», pense Rainer Wendt, le président du syndicat de la police allemande (DPolG).

Que sait-on alors de cette affaire qui déchaîne les passions? Environ 1000 personnes se sont rassemblées le soir de la Saint-Sylvestre sur le parvis de la gare de Cologne. Selon des témoignages concordants, il s’agirait de personnes âgées de 15 à 35 ans originaires d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient. Par groupes de 20 à 40, ils auraient agressé sexuellement des femmes dans la foule en les encerclant.

Dizaines de plaintes

Pourquoi la police a-t-elle communiqué cette information le 4 janvier? Parce qu’elle a pris conscience de l’ampleur des agressions seulement les jours suivants avec le dépôt de dizaines de plaintes. Ce mercredi, elles atteignaient une centaine (trois quarts pour des agressions sexuelles dont deux pour viols). Du coup, la droite populiste accuse maintenant les médias publics d’avoir volontairement passé sous silence ces événements pour éviter un débat gênant sur les migrants.

A l’heure actuelle, c’est surtout le travail de la police de Cologne qui est mis en cause. Selon les témoins, les 210 agents présents semblaient complètement débordés. Le rapport des services soulignait pourtant que la soirée s’était déroulée «dans le calme». «Quitter la place en attendant que les plaintes arrivent au commissariat? Ce n’est pas comme cela que la police doit travailler», a critiqué le ministre fédéral de l’Intérieur. (24 heures)

Créé: 06.01.2016, 22h20

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