Attaque chimique en Syrie: l'ONU accuse le régime

Syrie«Une attaque chimique de petite dimension» a été menée par le régime sur la Ghouta orientale en novembre dernier, conclut une enquête de l'ONU.

Une attaque a été menée le 18 novembre dernier.

Une attaque a été menée le 18 novembre dernier. Image: Keystone

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L'attaque chimique en novembre dernier à Harasta, dans la Ghouta orientale, peut «raisonnablement» être attribuée au gouvernement syrien. Outre cette charge, la Commission d'enquête indépendante de l'ONU a accusé mardi à Genève le régime de nouveaux crimes de guerre.

Tôt le 18 novembre dernier, «un certain nombre d'armes» se sont abattues sur Harasta. Au total, près d'une trentaine de combattants d'Ahrar al-Sham ont été atteints d'une combinaison de symptômes mais aucun n'est décédé.

Dans son rapport publié mardi sur la période de juillet à mi-janvier dernier, la Commission présidée par Paulo Sergio Pinheiro conclut à une «attaque chimique de petite dimension». Si les données sont insuffisantes pour établir le type d'armes qui ont projeté ces substances, elle affirme que ces violences ont été précédées par trois attaques chimiques du gouvernement en juillet dernier dans la Ghouta.

La commission précise que les groupes rebelles n'ont jamais utilisé ce type d'armement jusqu'à présent. Des indications «raisonnables» laissent penser que le gouvernement est responsable de cette attaque et qu'il a violé le droit international humanitaire (DIH).

Russie mise en cause

«Nous avons de bonnes preuves» sur la responsabilité des forces russes dans le bombardement d'un marché en novembre dernier à Atarib, près d'Alep, a dit devant la presse le président de la Commission Paulo Sergio Pinheiro. Plus de 80 personnes avaient été tuées et environ 150 personnes avaient été blessées.

Les investigations ont montré l'utilisation probable d'armes non guidées sur cette zone à la population civile importante. Un recours à un certain type d'armement dans une telle région dense équivaut dans tous les cas à un possible crime de guerre, selon le président. Les forces russes ont déjà été mentionnées par le passé par la Commission. Mais «c'est la première fois que nous avons pu nous concentrer sur un incident, rassembler des indications et les vérifier», a admis un autre membre, Hanny Megally.

Pour autant, M. Pinheiro rappelle que la Commission n'est pas un tribunal et «ne condamne pas la Russie». Des dossiers d'accusation pourront être préparés par le nouveau Mécanisme international (MIII) lancé en 2017 et établi aussi à Genève. De quoi être utilisé un jour pour des procès.

Rebelles et EI aussi mis en cause

Les forces du président Bachar el-Assad sont aussi mises en cause pour d'autres crimes de guerre dans la Ghouta orientale. Elles ont recouru de manière indiscriminée à des armes à sous-munitions et ont ciblé des centres de santé dans cette zone, mais aussi dans deux autres régions dont celle d'Idleb.

De leur côté, les rebelles de la Ghouta sont accusés de continuer leurs violences sur Damas. Ils ont mené là aussi des attaques indiscriminées, qui ont tué ou blessé des dizaines de personnes. Les djihadistes de l'Etat islamique (EI) sont aussi accusés de crimes de guerre à Raqa pour avoir utilisé des boucliers humains.

Parmi ses nouvelles recommandations, la Commission demande au gouvernement syrien de ne plus recourir à des armes à sous-munition. Elle souhaite aussi que les parties négocient un mécanisme pour la libération des détenus politiques et arbitraires. Selon elle, les demandes de justice lancées par les victimes devront constituer «une composante centrale» de toute solution durable après sept ans de conflit. Au total, près de 350'000 personnes ont été tuées dans les violences.

(ats/nxp)

Créé: 06.03.2018, 13h43

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