«C'est un développement extrêmement dangereux»

Crise en Bolivie La violente répression menée par le nouveau gouvernement bolivien inquiète l'ONU, qui dénonce un «usage disproportionné de la force».

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

La Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme Michelle Bachelet a dénoncé samedi «l'usage inutile et disproportionné de la force par la police et l'armée» en Bolivie.

Au moins 17 morts

Cet usage excessif de la force «est extrêmement dangereux» et pourrait conduire à ce que la situation «dégénère», a-t-elle ajouté dans un communiqué.

Mme Bachelet a rappelé que 17 personnes au moins avaient été tuées depuis le début du mouvement de contestation qui secoue la Bolivie, dont 14 depuis la fuite de l'ex-président Evo Morales au Mexique il y a six jours.

«Les premiers décès étaient dus surtout à des affrontements violents entre manifestants rivaux mais les plus récents semblent être le résultat d'un usage inutile et disproportionné de la force par la police et l'armée», a-t-elle estimé.

«C'est un développement extrêmement dangereux car, loin d'apaiser la violence, cela pourrait la rendre bien pire encore», a expliqué Mme Bachelet. «La situation en Bolivie pourrait dégénérer si les autorités ne la gèrent pas avec délicatesse et en accord avec les normes internationales qui régissent l'usage de la force, et avec un plein respect des droits de l'homme».

Armes à feu

Cinq paysans favorables au président déchu Evo Morales ont été tués vendredi dans la banlieue de Cochabamba (centre), fief politique de l'ancien président, où des affrontements ont opposé toute la journée des milliers de manifestants aux forces de l'ordre qui les empêchaient de se rendre dans le centre-ville, selon un journaliste de l'AFP.

La Commission interaméricaine des droits humains (CIDH) a confirmé les cinq décès et dénoncé «l'usage disproportionné de la force policière et militaire», notamment des armes à feu pour réprimer des manifestations.

Mme Bachelet a aussi dénoncé «des arrestations et des détentions massives», affirmant que plus de 600 personnes ont été détenues depuis le 21 octobre, «dont beaucoup au cours des derniers jours».

Elle a exhorté les autorités boliviennes à communiquer le nombre de personnes arrêtées, blessées et tuées au cours des manifestations, et exigé une «enquête rapide, impartiale, transaparente» et complète sur ces événements. (afp/nxp)

Créé: 16.11.2019, 22h03

Articles en relation

Cinq paysans pro-Morales tués par la police

Bolivie Les affrontements continuent dans tout le pays alors que la présidente par intérim a menacé Morales de poursuites. Plus...

Juan Guaido appelle à nouveau à la mobilisation

Venezuela Juan Guaido espère que ses compatriotes vénézuéliens vont s'inspirer des évènements qui ont lieu en Bolivie. Plus...

La nouvelle présidente tente de pacifier le pays

Bolivie En fonction depuis mardi, la présidente par intérim, Jeanine Añez, a essayé jeudi matin de calmer les tensions en Bolivie. Plus...

Morales prêt à rentrer pour «apaiser la situation»

Bolivie De violents affrontements ont eu lieu à La Paz, alors qu'un jeune homme a été tué dans un village près de Santa Cruz. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.