Caracas s'attaque à deux députés d'opposition

VenezuelaAprès l'«attentat» dont le président vénézuélien s'est dit victime samedi, le pouvoir s'en prend à deux députés de l'opposition.

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La Cour suprême vénézuélienne a ordonné mercredi l'arrestation de Julio Borges, ex-président du Parlement en exil, et lancé la procédure pour le juger, en pleine offensive du pouvoir contre l'opposition que le président Nicolas Maduro accuse d'avoir voulu l'assassiner.

La Cour s'est aussi déclaré favorable à des «poursuites» contre le député Juan Requesens, 29 ans, qui a milité avec Julio Borges dans le parti d'opposition Primero Justicia (la Justice d'abord) et également impliqué par M. Maduro dans la «tentative de magnicide», c'est à dire d'assassinat d'une personnalité de haut rang.

Dès «l'attentat» de samedi, Nicolas Maduro a accusé l'opposition et la Colombie d'être derrière cette attaque avec des fonds provenant des Etats-Unis. La Cour suprême a ordonné «l'arrestation immédiate du député» pour tentative de meurtre à l'encontre de Nicolas Maduro, précise un communiqué du tribunal. La Constituante, créée pour neutraliser le Parlement, seul organe du pouvoir vénézuélien aux mains de l'opposition, a privé de leur immunité les députés visés par des poursuites.

«Délits»

Fer de lance de l'opposition, Julio Borges, qui se trouve actuellement en Colombie où il a assisté mardi à l'investiture du nouveau président Ivan Duque, a qualifié les accusations de M. Maduro de «farce». «Tout le monde sait que (l'»attentat«) est une mise en scène destinée à poursuivre et condamner tous ceux qui s'opposent à ta dictature», a-t-il lancé mercredi à M. Maduro sur Twitter.

A l'origine de sanctions internationales imposées contre le Venezuela, Julio Borges se trouve en exil depuis février, lorsqu'a échoué, en République dominicaine, un dialogue avec le gouvernement de Nicolas Maduro qui portait sur la date de l'élection présidentielle. «Je me sens en sécurité en Colombie. Je suis reconnaissant. Ce qui s'est passé n'existe pas politiquement ni légalement», a déclaré mercredi Julio Borges. «Il n'y a pas eu d'attentat. Cela a été inventé par le gouvernement. C'est un rideau de fumée créé pour menacer, réprimer», a-t-il ajouté.

Le très impopulaire Nicolas Maduro, à la tête d'un pays ruiné, a accusé la Colombie d'être responsable de cette «tentative d'assassinat» à son encontre, avec l'opposition vénézuélienne.

La décision concernant M. Requesens a été prise après avoir «déterminé qu'existent des éléments suffisants pour estimer qu'ont été commis des délits», selon la Cour. Juan Requesens a été arrêté mardi soir par des membres de la police secrète. «Le député Juan Requesens et sa soeur Rafaela ont été capturés et frappés par 14 hommes du Sebin», avait déclaré mardi Primero Justicia sur son compte Twitter.

«Sans aucun mandat d'arrêt, ils sont arrivés à la résidence et l'ont emmené par la force», a affirmé à des journalistes le père du député, dont le lieu de détention n'a pas été fourni par le procureur general, Tarek William Saab.

«Kidnapping»

«Il s'agit d'un kidnapping, de la disparition forcée d'un député, du viol de son immunité. (...). L'Assemblée constituante, illégitime, inconstitutionnelle, n'a pas le pouvoir de lever l'immunité», a réagi lors d'une conférence de presse mercredi le vice-président du Parlement, Alfonso Marquina.

MM. Borges et Requesens ont été accusés par le président Maduro de participation dans l'organisation d'une attaque à l'aide de drones chargés d'explosifs qui, selon le gouvernement, avaient pour but d'attenter à la vie du chef de l'Etat, lors d'un défilé militaire à Caracas samedi. Les circonstances de l'incident restent floues.

Selon la Constitution vénézuélienne, seul le Parlement peut lever l'immunité des ses membres, sur demande la Cour suprême. Mais dans la pratique l'Assemblée constituante - qui n'est pas reconnue par une grande partie de la communauté internationale - s'est arrogée ses pouvoirs.

L'Assemblée constituante avait avancé au 20 mai l'élection présidentielle normalement prévue pour décembre, qui a vu la réélection de Nicolas Maduro jusqu'en 2025. Le résultat du scrutin a été rejeté par l'opposition et par une grande partie de la communauté internationale qui le considère comme illégitime.

La crise politique se déroule alors que tous les voyants économiques au Venezuela sont au rouge vif. L'inflation pourrait atteindre 1'000'000% fin 2018 selon le Fonds monétaire international (FMI), et le PIB devrait s'effondrer de 18%. Les pénuries touchent les produits de première nécessité, notamment les médicaments et les produits alimentaires. M. Maduro a été confronté en 2017 à une vague de protestations de l'opposition qui a fait en quatre mois plus de 125 morts et des centaines de blessés. (ats/nxp)

Créé: 08.08.2018, 23h48

Les USA pour une pression plus forte de la région sur Maduro

L'ambassadrice des Etats-Unis à l'ONU Nikki Haley, en visite en Colombie, a demandé mercredi aux pays de la région de condamner plus énergiquement la politique menée au Venezuela par le président Nicolas Maduro et de lui dire de quitter le pouvoir.

«Nous avons besoin que chaque chef d'Etat de la région s'exprime» sur la situation au Venezuela, a déclaré Mme Haley. «Ils ne doivent pas rester silencieux sur Maduro, ils doivent condamner ce qu'il fait», a-t-elle dit. «C'est le moment pour les pays de la région qui sont confrontés aux migrations, qui souffrent des migrations de condamner Maduro et de lui dire qu'il est temps pour lui de partir», a encore déclaré l'ambassadrice des Etats-Unis à l'ONU.

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