Décès d'un étudiant lors de manifs à Cochabamba

BolivieUn manifestant bolivien dans le coma a succombé à ses blessures mercredi, ce qui porte à trois le nombre de décès depuis le début de la crise post-électorale.

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Un étudiant de 20 ans est décédé mercredi des suites de blessures subies lors de violents affrontements entre des manifestants de l'opposition et des partisans des autorités à Cochabamba, dans le centre de la Bolivie, a-t-on annoncé de source hospitalière. «Oui, il est décédé (...) d'un arrêt cardiaque», a affirmé dans une brève déclaration à l'AFP un médecin de l'hôpital de Cochabamba.

Selon un rapport médical reproduit par les médias locaux, le manifestant décédé a été admis souffrant de «traumatisme crânien grave, fracture de la base du crâne» et était dans le coma. En outre, une vingtaine de personnes ont été blessées lors des affrontements à Cochabamba.

Désormais, le bilan des manifestations qui ont éclaté en Bolivie il y a plus de deux semaines après la réélection controversée du président Evo Morales le 20 octobre, est de trois morts.

Evo Morales appelle à la paix sociale

«J'exprime mon profond regret pour la mort du jeune Limbert Guzman, victime innocente de la violence promue par des groupes politiques qui encouragent la haine raciale entre les frères boliviens», a tweeté Evo Morales. «Je réitère mon appel à la paix sociale pour rétablir la paix au sein de notre peuple», a ajouté le président de gauche, confronté aux protestations qui exigent sa démission et l'organisation de nouvelles élections.

Pour sa part, Luis Fernando Camacho, une des figures de l'opposition bolivienne, est arrivé tard mercredi à La Paz avec pour but de faire signer une lettre de démission au chef de l'Etat. Ce président de l'influent Comité Pro-Santa Cruz, une organisation conservatrice rassemblant commerçants, entrepreneurs et simples citoyens, a pris la tête de la contestation, bien qu'il n'ait pas été candidat à l'élection contestée.

«J'espère que nous allons remplir notre objectif», a déclaré Luis Fernando Camacho dans une vidéo postée sur sa page Facebook, deux heures après son atterrissage à l'aéroport El Alto de La Paz, où a été accueilli par des sympathisants mais aussi par un groupe hostile. «Nous venons chercher la paix dans le pays, nous ne voulons pas diviser la Bolivie, nous voulons une seule Bolivie», a-t-il ajouté. Il a dit espérer «qu'il n'y aura pas d'affrontements», alors que des manifestations étaient en cours à La Paz.

L'armée reste neutre

Le ministre de la Défense, Javier Zavaleta, a déclaré que Luis Fernando Camacho «peut remettre les lettres qu'il veut» au siège du gouvernement, mais a exclu qu'Evo Morales le reçoive.

Le leader de l'opposition a quitté l'aéroport à bord d'un véhicule escorté par la police mais ne s'est pas rendu au siège du gouvernement où il était attendu par des dizaines de journalistes. Il s'est rendu dans un lieu non dévoilé, où il passera apparemment la nuit.

Mardi, lors d'une première tentative de remettre cette lettre, cet avocat de 40 ans était resté confiné à l'intérieur de l'aéroport d'El Alto, alors que des partisans du gouvernement, certains armés de bâtons, manifestaient devant le bâtiment. Il était reparti en promettant de revenir mercredi, même si son initiative a peu de chance d'aboutir.

Samedi, Luis Fernando Camacho avait appelé l'armée bolivienne à «se ranger aux côtés du peuple» et avait enjoint au président de quitter le pouvoir. De son côté, Evo Morales, 60 ans, a demandé aux forces armées, qui sont jusqu'à présent restées neutres, de «servir le peuple bolivien» en restant au côté de son gouvernement. Au pouvoir depuis 2006, il a été réélu pour un quatrième mandat jusqu'en 2025. (afp/nxp)

Créé: 07.11.2019, 04h53

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