Dizaines de manifestants toujours retranchés

Hong KongDes manifestants pro-démocratie occupent pour la quatrième journée une université hongkongaise.

Campus assiégé à Hong Kong.

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Des dizaines de manifestants pro démocratie étaient retranchés mercredi pour la quatrième journée d'affilée sur un campus de Hong Kong, où un gigantesque «SOS» a été tracé. Des sympathisants du mouvement ont tenté une diversion en bloquant des transports en commun.

L'Université polytechnique de Hong Kong (PolyU), sur la péninsule de Kowloon, est le théâtre de la plus longue et violente confrontation entre manifestants et forces de l'ordre depuis le début de la mobilisation en juin dans l'ex-colonie britannique.

Depuis dimanche, les protestataires ont accueilli les tentatives pour les déloger par des jets de cocktails Molotov et de briques. La police a averti qu'elle ferait usage de balles réelles si elle était attaquée avec des armes létales, alors qu'un policier a été blessé par une flèche.

Mercredi, des manifestants à l'intérieur de la PolyU ont estimé leur nombre à une cinquantaine, alors que leurs conditions de vie dans le campus se détériorent. Des groupes de jeunes manifestants vêtus de noir continuaient de préparer des cocktails Molotov, tandis que d'autres dormaient sur des tapis de yoga étalés dans un gymnase.

«Protestation» de Pékin

Un immense «SOS» a été tracé à l'aide de vêtements dans une cour de l'université. Un manifestant de 20 ans se présentant sous le nom de «Ken» a affirmé que les réserves d'eau et de nourriture diminuaient. Un responsable de la PolyU a affirmé qu'une vingtaine d'étudiants de l'université figuraient parmi les manifestants retranchés.

Le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme a appelé les autorités à trouver «une solution pacifique» au siège du campus.

Le Sénat américain a adopté de son côté un texte soutenant les «droits de l'Homme et la démocratie» à Hong Kong face à Pékin et menaçant de suspendre le statut économique spécial accordé par Washington au territoire semi-autonome. Les sénateurs ont également approuvé une mesure qui interdirait la vente à la police hongkongaise de gaz lacrymogène, balles en caoutchouc et autres équipements destinés à réprimer les manifestations.

Pékin a réagi avec colère, menaçant de prendre des mesures de représailles si le texte devait être adopté définitivement. La Chine a aussi convoqué mercredi le chargé d'affaires par intérim de l'ambassade des Etats-Unis pour «une protestation solennelle».

La veille, la cheffe de l'exécutif hongkongais Carrie Lam avait appelé les reclus de la PolyU à se rendre, en précisant que les mineurs sortant pacifiquement ne seraient pas arrêtés. Les majeurs risquent quant à eux des poursuites pour «participation à une émeute», infraction passible de dix ans de prison.

La police a affirmé qu'entre le début du siège de la PolyU et mardi soir, environ 900 manifestants s'étaient rendus.

«La police invite tous ceux qui sont sur le campus à sortir de façon pacifique et s'engage à ce que leur traitement judiciaire soit équitable», a indiqué la police dans un communiqué.

Ecoles rouvertes

Pour desserrer l'étau policier autour du campus, de nombreuses actions ont été menées pour bloquer à l'heure de pointe le métro hongkongais, crucial pour la circulation dans le centre financier qu'est Hong Kong. Des manifestants ont bloqué les portes des rames, entraînant d'importants retards et la formation de longues files d'attente dans les stations.

Les employés devant se rendre au travail devaient prendre leur mal en patience, leur trajet jusqu'à leur bureau mettant parfois le double de la durée habituelle.

La police a aussi annoncé que 213 personnes avaient été inculpées mercredi. Elles avaient été arrêtées lundi soir alors qu'elles manifestaient à Kowloon pour tenter, là aussi, d'alléger la pression sur la PolyU.

Les Hongkongais sont appelés aux urnes dimanche pour désigner leurs conseillers de districts, un scrutin local qui a valeur de test cinq mois et demi après le début de la contestation. Mais le premier secrétaire de l'administration, Matthew Cheung, considéré comme le numéro deux du gouvernement local, a affirmé que les «violences» pourraient empêcher la tenue des élections. (ats/nxp)

Créé: 20.11.2019, 14h44

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