En Côte d'Ivoire, la liberté d'expression en danger

AfriqueL'ONG Amnesty dresse un constant alarmant des atteintes à la liberté d'expression dans le pays du président Ouattara.

Un technicien surveille le lancement de la Digital Terrestrial Télévision, début février.

Un technicien surveille le lancement de la Digital Terrestrial Télévision, début février. Image: AFP

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Arrestations et emprisonnements arbitraires, harcèlement contre l'opposition, la société civile et les médias critiqués: Amnesty International dresse un bilan sévère des atteintes à la liberté d'expression en Côte d'Ivoire, dans un rapport publié lundi.

«Sept ans après la crise postélectorale, qui a coûté la vie à 3000 personnes, la Côte d'Ivoire projette une image de relative stabilité favorisée par une croissance économique et par un retour sur la scène internationale». Mais «la situation en matière de droits fondamentaux demeure fragile», écrit l'ONG, à moins de deux ans de la prochaine élection présidentielle.

«L'usage de lois répressives pour écraser le droit à la liberté d'expression se traduit par la détention arbitraire de très nombreux citoyens», déclare François Patuel, chercheur sur l'Afrique de l'Ouest à Amnesty International, cité dans le rapport.

«Au moins 17 détentions arbitraires de journalistes et de blogueurs ont été recensées ces cinq dernières années et le conseil national de la presse a sanctionné des organes de presse à maintes reprises, leur imposant interruptions de publication et lourdes amendes», ciblant «les publications critiques envers les autorités et proches des mouvements d'opposition», estime l'organisation.

Cas de torture

«Les opposants politiques sont aussi la cible d'un harcèlement judiciaire, parce qu'ils expriment leurs opinions». De plus, «les réunions pacifiques à l'initiative d'organisations de la société civile et de groupes d'opposition sont régulièrement interdites et dispersées par la police et la gendarmerie, qui font usage d'une force excessive», note Amnesty.

L'ONG recense encore des cas de torture infligés par la police, la gendarmerie et particulièrement par la police secrète, la direction de la surveillance du territoire (DST). Amnesty s'alarme enfin des conditions carcérales «inhumaines» en Côte d'Ivoire: «152 personnes sont mortes en détention depuis août 2014», selon ses investigations.

L'ONG appelle les autorités ivoiriennes à «mettre fin aux arrestations arbitraires et aux actes de harcèlement» contre les voix dissidentes et à la libération immédiate des prisonniers d'opinion. (ats/nxp)

Créé: 11.02.2019, 01h44

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