Jugement attendu pour des ex-dirigeants de Tepco

Catastrophe de FukushimaPlus de huit ans après la terrible catastrophe de Fukushima, des anciens responsables de la société Tepco vont connaître leur sort. Ils risquent la prison ferme.

L'accident de Fukushima, en mars 2011, a été qualifié de «désastre créé par l'homme» par une commission d'enquête japonaise.

L'accident de Fukushima, en mars 2011, a été qualifié de «désastre créé par l'homme» par une commission d'enquête japonaise.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Huit ans et demi après le tragique accident nucléaire de Fukushima, trois anciens dirigeants de Tepco, l'opérateur de la centrale nucléaire, attendent jeudi le verdict des juges à leur égard: accusés de négligence ayant entraîné la mort, ils encourent de la prison ferme.

Le tribunal de Tokyo rendra sa décision jeudi après-midi - jeudi matin en heure en Suisse - envers l'ancien président du conseil d'administration de Tokyo Electric Power (Tepco) au moment du drame, Tsunehisa Katsumata (79 ans), ainsi que deux anciens vice-PDG, Sakae Muto (69 ans) et Ichiro Takekuro (73 ans).

Ces trois anciens responsables de l'opérateur de la centrale nucléaire Fukushima Daiichi, dévastée par le tsunami du 11 mars 2011, sont les seules personnes physiques à être jugées dans le cadre de cette catastrophe, le pire accident nucléaire après Tchernobyl (Ukraine) en 1986.

Ils ont plaidé non coupables.

L'accident de Fukushima a été qualifié de «désastre créé par l'homme» par une commission d'enquête japonaise, car l'humain n'a pas su le prévenir ni le maîtriser.

Les poursuites engagées contre les ex-dirigeants s'appuient sur le décès de 44 patients de l'hôpital de Futaba, à quelques kilomètres de la centrale, lors de leur évacuation d'urgence dans des conditions extrêmes, avec un bus qui a longtemps tourné en rond avant de trouver un point de chute. Pour ces personnes âgées, l'épreuve s'est avérée insurmontable.

Les procureurs avaient refusé à deux reprises d'engager des poursuites contre les dirigeants de Tepco, arguant que les éléments du dossier étaient insuffisants. Mais un réexamen de l'affaire en 2015 par un panel de citoyens (une procédure peu utilisée au Japon) a tranché pour un procès au pénal.

Les trois accusés se voient reprocher par les plaignants d'avoir péché par inaction, alors qu'ils avaient connaissance du risque d'un tsunami majeur aux abords de la centrale construite en bord de mer, à quelque 220 kilomètres au nord-est de Tokyo.

Etat japonais et Tepco déjà condamnés

Bien avant le drame, ces dirigeants ont eu en leur possession des données indiquant que la centrale nucléaire était située dans une zone avec une probabilité de raz-de-marée dépassant 15 mètres, une hauteur pour laquelle le site n'était pas conçu.

«Ils auraient dû suspendre l'activité de la centrale nucléaire» jusqu'à la mise en place de mesures anti-tsunami, dont la construction d'une digue, ont estimé les procureurs au tribunal de Tokyo, selon les comptes rendus d'audiences publiés par les médias.

Tsunehisa Katsumata a déclaré durant le procès qu'il n'était pas impliqué au quotidien dans les décisions concernant la sûreté et se reposait sur le travail de ses subordonnés chargés de ces questions.

Tepco n'a pas engagé de travaux pour protéger le site avant que ne survienne au large un puissant séisme de magnitude 9, responsable du gigantesque raz-de-marée qui allait noyer les groupes électrogènes de la centrale, stopper le refroidissement du combustible et provoquer sa fusion.

Si le tsunami a emporté la vie de 18'500 personnes dans le nord-est du Japon, l'accident nucléaire de Fukushima en lui-même n'a fait aucun mort sur le coup.

Cependant, il est indirectement responsable de plusieurs milliers de «décès liés», reconnus par les autorités comme des morts dues à la dégradation des conditions de vie des personnes évacuées.

La catastrophe a forcé des dizaines de milliers d'habitants à abandonner leurs maisons proches de la centrale. Un grand nombre d'entre eux sont encore installés dans d'autres régions du pays, ne pouvant pas ou préférant ne pas rentrer chez eux, par peur des radiations.

Si c'est la première fois que des individus sont jugés au pénal dans cette affaire, l'Etat japonais et Tepco ont déjà été sanctionnés par la justice à diverses reprises, à la suite de nombreuses plaintes en nom collectif.

En septembre 2017 notamment, Tepco avait été jugé responsable de l'accident nucléaire et condamné à une amende symbolique par un tribunal local.

Six mois plus tôt, une autre instance avait condamné à la fois Tepco et l'Etat japonais pour négligence dans cette affaire, mais là aussi l'amende avait été symbolique. (afp/nxp)

Créé: 18.09.2019, 16h14

Galerie photo

Catastrophe de Fukushima: la chronologie

Catastrophe de Fukushima: la chronologie Plusieurs années après le séisme et le tsunami qui ont dévasté le nord-est du Japon et la centrale nucléaire de Fukushima, retour en images sur la catastrophe.

Galerie photo

Nouvelles images de Fukushima

Nouvelles images de Fukushima Tepco, l'opérateur de la centrale nucléaire accidentée, a rendu publiques de nouvelles images de l'intérieur d'un des réacteurs endommagés.

Articles en relation

Fukushima veut renaître avec les Jeux olympiques

Tokyo-2020 C'est dans un complexe sportif de la région accidentée que commencera le périple à travers l'archipel de la flamme des JO de Tokyo en 2020. Plus...

Fort séisme au large de Fukushima

Japon Un fort séisme de magnitude 6,3 a été enregistré dimanche dans le Pacifique au large de Fukushima, mais le risque de tsunami est écarté. Plus...

Tepco va démanteler la 2e centrale de Fukushima

Japon Fukushima Daini, qui avait été elle aussi accidentée dans la catastrophe de mars 2011, verra ses 4 réacteurs démantelés. Plus...

Nouvelle opération délicate à Fukushima

Japon Le retrait du combustible stocké dans la piscine du réacteur 3 de Fukushima a démarré lundi et doit durer deux ans. Plus...

Les habitants de Fukushima peuvent rentrer

Japon Tokyo va autoriser les résidents des deux villes abritant la centrale nucléaire accidentée en 2011, à rentrer dans leurs pénates dès le 10 avril. Plus...

Paid Post

CallDoc, assuré malin et flexible
Bénéficiez de consultations médicales 24h/24, 7j/7 et faites des économies! Profitez du rabais de prime sur l’assurance-maladie de base. Demandez une offre maintenant.

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.