La Russie va «défendre les intérêts des orthodoxes»

UkraineLe Patriarcat de Moscou, qui a dénoncé un «schisme» et une «catastrophe», a averti que des troubles pourraient se produire en Ukraine.

Le président ukrainien Petro Poroshenko rencontre le Patriarche Filaret, chef de l'Eglise orthodoxe ukrainienne désormais autocéphale.

Le président ukrainien Petro Poroshenko rencontre le Patriarche Filaret, chef de l'Eglise orthodoxe ukrainienne désormais autocéphale.

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La Russie va «défendre les intérêts des orthodoxes» en cas de troubles religieux en Ukraine, après la reconnaissance par le Patriarcat de Constantinople d'une Église indépendante de la tutelle de Moscou, a annoncé vendredi le Kremlin.

«Si des actions illégales ont lieu, alors bien évidemment, tout comme la Russie protège partout les intérêts des Russes et des russophones, elle défendra les intérêts des orthodoxes. C'est une position globale et compréhensible», a déclaré aux journalistes le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

Cette protection des orthodoxes se fera par des moyens «exclusivement politiques et diplomatiques», a précisé M. Peskov. «C'est dans l'éventualité où les autorités ukrainiennes ne parviendront pas à maintenir la situation sous contrôle et dans la limite de la légalité, si la situation prend un caractère laid et violent», a-t-il ajouté.

«Nous avons prévenu à plusieurs reprises que nous sommes très inquiets quant à ces décisions à même de provoquer un schisme dans l'orthodoxie», a poursuivi M. Peskov, affirmant pour autant que l'Église orthodoxe russe n'entendait pas «se mêler du dialogue entre les Églises» en Ukraine.

«L'orthodoxie étant l'une des religions de la Russie, tout ce qui se passe dans le monde orthodoxe fait l'objet d'une attention particulière de la part du gouvernement» russe, a-t-il souligné.

Le Patriarcat de Constantinople a décidé jeudi de reconnaître une Église orthodoxe indépendante en Ukraine, mettant fin à 332 années de tutelle religieuse russe, mais posant la question de l'avenir de millions de croyants dans ce pays, où l'Église orthodoxe russe jouit d'une influence encore conséquente.

Les autorités ukrainiennes se sont voulues rassurantes, affirmant vouloir éviter une «guerre religieuse» et que le gouvernement respectera le choix des paroisses qui décideront de rester loyales au Patriarcat de Moscou.

En Ukraine, l'Église dépendante du Patriarcat de Moscou est la plus importante communauté religieuse par le nombre de paroisses, mais les Ukrainiens sont de plus en plus nombreux à rejoindre l'Église du Patriarcat de Kiev, autoproclamé après l'indépendance du pays en 1991.

Souvent tendues, les relations entre ces deux Églises ont été exacerbées avec la crise russo-ukrainienne marquée par l'annexion de la Crimée par la Russie en mars 2014, suivie du conflit dans l'Est séparatiste prorusse de l'Ukraine, qui a fait plus de 10.000 morts.

Le Patriarcat de Moscou, qui a dénoncé un «schisme» et une «catastrophe», a averti que des troubles pourraient se produire en Ukraine après cette décision, certains ecclésiastiques de paroisses loyales à Moscou ayant appelé leurs fidèles à se tenir prêt à défendre leurs églises et monastères. (afp/nxp)

Créé: 12.10.2018, 13h02

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