La chasse aux «fake news», c'est compliqué...

Facebook Déterminé à lutter contre la prolifération de fausses informations, le réseau social avoue toutefois faire face à des difficultés inattendues.

Avec le recul, Facebook juge que l'icône d'alerte n'est pas efficace. (Vendredi 22 décembre 2017)

Avec le recul, Facebook juge que l'icône d'alerte n'est pas efficace. (Vendredi 22 décembre 2017) Image: AFP

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Facebook, constatant une nouvelle fois la complexité de la lutte contre les «fake news» (fausses informations) pullulant sur le réseau social, a annoncé une nouvelle stratégie pour les signaler, qui se veut plus efficace.

Icône inefficace

L'an dernier, le groupe s'était lancé dans une série de mesures destinées à réduire la circulation de fausses informations, notamment en réduisant la diffusion de publications provenant de sources douteuses, en nouant des partenariats avec des organisations extérieures vérifiant la véracité des infos («fact-checking») ou encore en apposant une icône figurant un triangle rouge («red flag») près de certaines publications relevant de «fake news» selon les critères du «fact-checking».

Avec le recul, Facebook juge qu'en fait, l'icône d'alerte n'est pas efficace et peut même conduire aux effets inverses de ceux espérés.

«Des effets contre-productifs»

En interrogeant les utilisateurs, «nous avons appris que chasser la désinformation est un défi», écrivent non sans une certaine candeur des responsables en charge de ces questions chez Facebook.

«Inscrire simplement que quelque chose est faux ou controversé ne veut pas nécessairement dire que nous serons en mesure de faire changer d'avis (le lecteur) sur la véracité des faits. En fait, des études laissent penser qu'un vocabulaire trop fort ou certains visuels (comme une icône rouge) peuvent avoir des effets contre-productifs et ancrer plus profondément les opinions», poursuivent-ils.

A la place, Facebook a décidé de proposer désormais à l'utilisateur s'apprêtant à partager un lien douteux, de lire au préalable ce qu'en disent les partenaires en charge du «fact-checking». Selon le groupe, qui a commencé à tester cette nouvelle idée cet été, cette approche moins frontale limite le nombre de «partages» de fausses infos.

Tournant politique

Facebook, comme Twitter et Google, est accusé depuis des mois de servir de plate-forme aux «fake news», des accusations qui ont pris un tournant très politique depuis l'élection de Donald Trump l'an dernier, la Russie étant accusée par Washington d'avoir cherché à influer sur la campagne en utilisant, entre autres, les réseaux sociaux.

Facebook communique donc énormément sur le sujet. Récemment, le PDG du groupe Mark Zuckerberg avait même assuré que la chasse aux contenus problématiques (fausses infos, apologie du terrorisme etc...) passait avant le souci de faire des bénéfices. L'Agence France-Presse (AFP) figure parmi les médias partenaires de Facebook pour le «fact-checking». (ats/nxp)

Créé: 22.12.2017, 10h30

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