Le calvaire de Fiona à nouveau devant les juges

FranceLes parents de la fillette, morte en 2013 et dont le corps n'a jamais été retrouvé, sont rejugés dès lundi.

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Le premier procès, perturbé par une médium, n'avait pas permis de percer le mystère du décès de la petite Fiona, morte en 2013 à l'âge de 5 ans et dont la dépouille n'a jamais été retrouvée. La mère de la fillette et son ex-compagnon sont rejugés à partir de lundi dans le centre de la France.

«Ce que j'attends, c'est qu'ils craquent»

«Je veux savoir où est ma petite-fille, pourquoi et comment elle est morte, je n'ai eu aucune réponse au premier procès», a déclaré la grand-mère paternelle de Fiona, Christiane Brunel, arrivée avec son fils au palais de justice du Puy-en-Velay (centre).

«Mon intime conviction, c'est qu'ils mentent. Ce que j'attends, c'est qu'ils craquent.» Le 26 novembre 2016, Cécile Bourgeon avait été acquittée par la cour d'assises à Riom (centre) sous les huées de la foule, du chef de violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Elle avait été condamnée à cinq ans de prison, notamment pour «non assistance à personne en danger».

Son ex-compagnon, Berkane Makhlouf, avait lui écopé de 20 ans de réclusion criminelle.

Le parquet général, qui avait requis la peine maximale - 30 ans de réclusion - pour les deux accusés, avait fait appel.

«Elle manipule tout le monde»

Les deux accusés sont rejugés pour des violences volontaires ayant entraîné la mort de l'enfant, sans intention de la donner. Cécile Bourgeon, 31 ans, est apparue dans la salle d'audience le visage bouffi. Berkane Makhlouf, 36 ans, le visage émacié.

«Je veux qu'elle (Cécile Bourgeon, ndlr) fasse une grosse peine de prison, cinq ans, c'est pas grand-chose», a déclaré à la presse le père de Fiona, Nicolas Chafoulais, à son arrivée au palais de justice. «Elle manipule la cour, elle manipule tout le monde (...) ce que j'attends, c'est qu'elle reste en prison longtemps, qu'elle n'en sorte pas (...) Je ne pense pas qu'elle soit prête à parler, lui on verra», a-t-il ajouté.

Une affaire qui a marqué le pays

L'affaire, qui avait bouleversé la France, remonte à mai 2013. La mère de Fiona, enceinte d'un troisième enfant, déclare la disparition de la fillette dans un parc de Clermont-Ferrand (centre) et lance, en larmes, de vibrants appels à l'aide face caméra.

Le pays entier croit à un enlèvement, des enquêteurs et de nombreux habitants de la ville se lancent à la recherche de l'enfant. Mais les enquêteurs soupçonnent rapidement le couple, connu pour sa toxicomanie.

Quatre mois plus tard, la mère et son compagnon avouent que la fillette est morte, s'accusant mutuellement d'avoir porté les coups.

Un médium au premier procès

Les ex-concubins indiquent aux enquêteurs avoir enterré Fiona, nue, à la lisière d'une forêt, à une vingtaine de kilomètres de Clermont-Ferrand. Mais le corps n'a jamais été retrouvé.

Le premier procès, en novembre 2016, ne permet pas d'éclaircir les responsabilités. Les débats tournent même au ridicule quand un témoin-surprise, qui s'avère être une médium-radiesthésiste, explique à la barre qu'elle a été «contactée par la fillette»... avant de s'effondrer sur le sol avec fracas.

«Procès de la seconde chance»

Au Puy-en-Velay lundi, «ce sera le procès de la seconde chance pour qu'ils puissent nous expliquer ce qui s'est passé», estime l'un des avocats des parties civiles, Me Antoine Portal.

«Qu'on arrête de nous balader, de nous manipuler sur l'accident, les blessures involontaires ou les produits stupéfiants en libre service dans l'appartement. Fiona est morte de violences, c'est d'une évidence limpide», lance Me Charles Fribourg, avocat de Nicolas Chafoulais.

«Malheureusement, je ne suis pas certain que ce second procès puisse apporter des réponses supplémentaires», estime Me Renaud Portejoie, conseil de Cécile Bourgeon, qui a tenté de se suicider fin juillet en prison. (afp/nxp)

Créé: 09.10.2017, 11h38

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