Le chef du FBI promet une «justice impartiale»

Etats-UnisLe probable successeur de James Comey, limogé par Donald Trump, a répondu aux questions du Sénat, mercredi à Washington.

Christopher Wray.
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Choisi par Donald Trump pour diriger la police fédérale américaine, Christopher Wray est ressorti mercredi de son audition de confirmation au Sénat sans égratignures, assurant qu'il préférerait démissionner plutôt que céder à d'éventuelles pressions de la Maison Blanche. Il faut dire que ce juriste brillant, relativement peu connu jusqu'à récemment, offrait peu d'angles d'attaque aux élus démocrates de la chambre haute du Congrès.

Christopher Wray, né en 1967 à New York, a passé ces dernières années dans un cabinet d'avocats privé et, s'il a travaillé dans le gouvernement de George W. Bush, il en est reparti sans étiquette politique trop marquée.

«Personne ne m'a demandé au cours de ce processus de lui prêter allégeance et je peux vous assurer que n'ai fait aucun (serment de loyauté)», a déclaré l'ancien procureur fédéral, sans jamais se départir de son calme.

Autonomie

«Je ne laisserai jamais le travail du FBI être influencé par autre chose que les faits, a dit Christopher Wray, deux mois après que le président américain eut brutalement limogé son prédécesseur, James Comey.

Le futur premier policier des Etats-Unis a employé l'essentiel de ses efforts mercredi à tenter de convaincre de son autonomie vis-à-vis du président Trump, qu'il s'est même permis de contredire sur l'enquête sur l'ingérence russe dans la présidentielle 2016. Christopher Wray sait qu'il en va de sa crédibilité et, au-delà, de l'image d'un prestigieux bureau centenaire aux 36.000 employés jaloux de leur indépendance.

Son premier défi sera donc de prouver l'inexistence d'une «politisation» du FBI et de rassurer l'opinion publique américaine, qui redoute que l'institution tombe sous la coupe de la Maison Blanche.

Avocat des puissants

Issu d'une famille comptant de nombreux juristes, Christopher Wray est sorti diplômé de la faculté de droit de Yale en 1992. Il a aussi été rédacteur en chef du Yale Law Journal, une fonction réservée à l'élite des étudiants.

S'il est confirmé par le Sénat, Christopher Wray entamera un mandat de 10 ans comme chef de la police fédérale, un poste dont la durée inhabituelle est justement censée prémunir son détenteur des pressions extérieures.

Christopher Wray est proche du gouverneur du New Jersey, Chris Christie, un républicain qui se serait bien vu intégrer le gouvernement Trump s'il n'avait été mêlé à un scandale d'embouteillage monstre provoqué pour punir un maire adversaire politique. Christopher Wray a défendu Chris Christie dans cette affaire baptisée Bridgegate.

Délinquance en col blanc

Christopher Wray exerçait comme associé, représente des centaines de clients, dont des sociétés à gros capital. Parmi lesquelles on trouve le groupe immobilier Trump et certaines qui sont en affaire avec des groupes russes.

Avant de travailler dans le privé, Christopher Wray a dirigé de 2003 à 2005 la division pénale du ministère américain de la Justice.

Il s'est alors spécialisé dans la délinquance en col blanc, notamment des dossiers de fraudes financières d'entreprises. On lui confia la supervision des investigations sur le géant de l'énergie Enron, qui fit faillite après de graves manipulations comptables. Christopher Wray a travaillé directement sous les ordres de James Comey.

Opposé à la torture

Le futur chef du FBI avait en fait rejoint les services de la justice dès mai 2001, quelques mois avant le 11-Septembre. Dans le sillage des attentats, il a été amené à défendre des mesures controversées, comme la détention prolongée d'étrangers considérés comme suspects potentiels.

Mais mercredi Christopher Wray a assuré être fermement opposé à la torture, et notamment à la technique d'interrogatoire ultra-critiquée de la simulation de noyade.

«Les Américains peuvent avoir confiance en cet homme», a assuré le ministre conservateur de la Justice, Jeff Sessions, qui sera le supérieur hiérarchique de Christopher Wray. A l'annonce de la nomination de Christopher Wray, l'ACLU, grande organisation de défense des libertés, avait en revanche estimé que le futur patron policier devrait gagner la confiance des Américains, étant donné son passé marqué par ses «activités partisanes», «le travail de son cabinet d'avocats en faveur de la famille Trump» ainsi que ses «connections à certaines des notes juridiques les plus illégales sur les programmes de torture de l'ère Bush». (afp/nxp)

Créé: 12.07.2017, 16h34

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