Le gouvernement irakien démissionne

IrakLa démission du gouvernement d'Adel Abdel Mahdi a été acceptée dimanche par le Parlement irakien alors que les manifestations continuent dans le pays.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Le Parlement irakien a accepté dimanche la démission du gouvernement d'Adel Abdel Mahdi, le chef de l'Assemblée. Il va demander au président de la République Barham Saleh de désigner un nouveau Premier ministre.

Ce vote intervient deux jours après que Adel Abdel Mahdi a annoncé son intention de démissionner. Le grand ayatollah Ali Sistani, plus haute autorité chiite du pays, a réclamé son remplacement à l'issue de deux mois de manifestations endeuillées par plus de 420 morts et des violences qui se poursuivent toujours dimanche avec un nouveau mort à Bagdad.

En attendant l'élection d'un nouveau Premier ministre, Adel Abdel Mahdi (77 ans), un indépendant sans base partisane ni populaire arrivé au pouvoir il y a 13 mois, reste à son poste pour gérer les affaires courantes.

Officier de police condamné à mort

Peu après le décès d'un manifestant sous les balles des forces de l'ordre à Bagdad, un tribunal du sud a condamné à la mort par pendaison un officier de police pour avoir tué deux manifestants, il y a un mois à Kout, au sud de Bagdad.

C'est la première fois que l'Etat punit un de ses hommes alors que Bagdad accuse régulièrement «des tireurs non identifiés» de tirer indifféremment sur les manifestants et les forces de sécurité.

A Kout, comme ailleurs dans le sud tribal et chiite, la répression n'a pas entamé la mobilisation dimanche, après deux mois d'une contestation contre le pouvoir et son parrain iranien endeuillée par plus de 420 morts. Des milliers de personnes ont aussi été blessées.

Processions funéraires

Les défilés du jour se sont transformées en processions funéraires, y compris à Mossoul, la grande ville sunnite du nord, où des centaines d'étudiants vêtus de noir se sont rassemblés.

Les provinces sunnites, reprises au groupe Etat islamique (EI) il y a deux ans, s'étaient tenues à l'écart du mouvement jusqu'ici. Si leurs habitants se plaignent des mêmes maux que dans le sud, ils redoutent d'être taxés de nostalgiques du pouvoir de Saddam Hussein ou de celui de l'EI, accusations déjà portées ailleurs contre les manifestants par leurs détracteurs.

Vendredi dernier, déjà, une autre province sunnite, celle de Salaheddine, au nord de Bagdad, avait déclaré trois jours de deuil. Dimanche, huit provinces du sud chiite ont également observé un deuil. Les autorités locales y ont même décrété un jour chômé pour les fonctionnaires.

«Tout changer»

Même si le Parlement approuve la démission du gouvernement d'Adel Abdel Mahdi, pour les manifestants, c'est tout le système politique installé par les Etats-Unis après la chute de Saddam Hussein en 2003 et désormais sous mainmise iranienne qu'il faut changer.

Ils réclament le renouvellement complet d'une classe politique qui a déjà fait s'évaporer dans les vapeurs de la corruption l'équivalent de deux fois le PIB de l'un des pays les plus riches en pétrole au monde. (afp/nxp)

Créé: 01.12.2019, 13h33

Articles en relation

Les Irakiens veulent «limoger les corrompus»

Moyen-Orient Malgré l'intention de démissionner du premier ministre Adel Abdel Mahdi, les Irakiens continuent samedi de manifester à Bagdad et dans le sud du pays. Plus...

La contestation pousse le 1er ministre vers la sortie

Irak Deux mois de manifestations réprimées dans le sang ont finalement eu raison du Premier ministre irakien qui a annoncé sa démission vendredi. Plus...

Le premier ministre va démissionner

Irak À l'annonce de la démission d'Adel Abdel Mahdi, la foule a explosé de joie sur la place Tahrir de Bagdad, épicentre de la contestation. Plus...

Les Irakiens protestent coûte que coûte

Irak Des milliers de manifestants se sont rassemblés vendredi à Bagdad en affirmant qu'ils ne partiraient pas avant «la chute du régime». Plus...

Au moins 37 manifestants tués dans le sud

Irak Plus d'une trentaine de personnes sont mortes jeudi en Irak, une des journées les plus meurtrières depuis le début de la contestation. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.