Les deux délégations sont arrivées à Oslo

Paix en ColombieLes représentants du gouvernement colombien et de la rébellion marxiste des FARC sont arrivés mercredi à Oslo. Ils doivent formellement lancer jeudi des pourparlers visant à mettre fin au plus long conflit d'Amérique latine.

Humberto De la Calle: «Nous partons avec de l'espoir et un optimisme modéré.»

Humberto De la Calle: «Nous partons avec de l'espoir et un optimisme modéré.» Image: AFP

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Les deux parties sont arrivées à Oslo pour tenter de décrocher un accord de paix entre le gouvernement et la guérilla des Farc.

«Les deux parties sont ici», a indiqué une source proche du dossier, sous couvert de l'anonymat.

Elles devaient se réunir dès mercredi après-midi dans un lieu tenu secret pour évoquer des questions techniques avant le lancement formel du processus de paix jeudi.

Le coup d'envoi de ce processus sera donné dans un hôtel de Hurdal, une petite localité au nord d'Oslo, avec l'»installation publique» de la table de dialogue. Une conférence de presse est prévue à 15h, selon le ministère norvégien des Affaires étrangères.

Ces pourparlers interviennent après l'échec de trois tentatives en 30 ans, la dernière datant de 2002.

Autre réunion attendue à Cuba

La Norvège et Cuba, où les négociations devraient par la suite se déplacer, sont les deux pays garants du processus de paix dans un conflit qui a fait des centaines de milliers de tués.

Par souci d'efficacité et de sécurité, les pourparlers sont entourés d'une extrême discrétion.

«Nous partons avec de l'espoir et un optimisme modéré», a commenté mardi l'ancien vice-président Humberto De la Calle, chef de la délégation du gouvernement, en embarquant à bord d'un avion spécialement affrété à l'aéroport militaire de Bogota.

La délégation des Forces armées révolutionnaires (FARC), dirigée par leur numéro deux Ivan Marquez, a pris l'avion le même jour depuis La Havane.

Rebelle néerlandaise évoquée

La venue des négociateurs en Norvège a été émaillée de retards liés à des intempéries mais aussi aux contretemps rencontrés dans la levée des mandats d'arrêt internationaux à l'encontre des délégués des FARC.

Le choix de la guérilla d'inclure au dernier moment dans sa délégation une rebelle de nationalité néerlandaise, Tanja Nijmeijer, a pu aussi retarder le processus.

Cette femme de 34 ans, qui a rejoint les rebelles dans les années 2000 après des études en Colombie, a été accusée de l'enlèvement en 2003 de trois Américains employés par une entreprise de sécurité, ce qui lui vaut d'être recherchée par la justice américaine.

Selon les FARC, les autorités ont finalement accepté qu'»Alexandra» - son nom de guerre - fasse partie de la délégation mais elle ne devrait participer qu'à la seconde étape des pourparlers, à Cuba. Les deux camps devraient aborder à Cuba le vif du sujet.

Mise en garde évoquée par Santos

Les chapitres discutés devraient alors être le développement rural, la participation à la vie politique des futurs mouvements issus de la rébellion, la fin définitive des hostilités, le trafic de drogue - source de financement des rebelles - et la situation des victimes.

La question d'un cessez-le-feu, rejetée par le président colombien Juan Manuel Santos avant un accord final, devrait aussi être mise sur la table par les FARC, plus ancienne rébellion d'Amérique latine.

En annonçant l'organisation de ces pourparlers, le chef de l'Etat colombien avait tenu à souligner que le processus de négociation pourrait être suspendu en l'absence de progrès.

Critique lancée par Uribe

De son côté, l'ex-président Alvaro Uribe, partisan d'une ligne dure pendant sa présidence (2002-2010), s'est dit «préoccupé» par les négociations. «On ne peut pas comprendre que l'avenir d'un pays se négocie avec le terrorisme», a-t-il dit dans un entretien au journal espagnol «ABC».

Fondées en 1964 lors d'une insurrection paysanne, les FARC, la plus importante rébellion de Colombie, sont aujourd'hui militairement affaiblies après le décès de plusieurs dirigeants.

Leurs effectifs ont été divisés de moitié en 10 ans, à environ 9000 combattants, selon les autorités, repliés dans les régions rurales après une série de revers militaires. (ats/afp/nxp)

Créé: 17.10.2012, 18h18

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