Les indépendantistes catalans jugés le 12 février

Espagne Accusés de tentative de sécession, douze dirigeants catalans risquent jusqu'à 25 ans de prison lors d'un procès historique.

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Le procès historique de douze dirigeants indépendantistes pour leur rôle dans la tentative de sécession de la Catalogne en octobre 2017 s'ouvrira le 12 février à Madrid. L'ancien chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy figurera parmi des «centaines» de témoins.

#Catalogne : le procès des indépendantistes « sera un haut-parleur », selon le militant Jordi Cuixart https://t.co/yx017Y8RRI vía @lemondefr

— Col·lectiu Emma (@CollectiuEmma) 1 février 2019

Le parquet a requis de lourdes peines, de sept à 25 ans de prison, contre les accusés, poursuivis selon les cas pour rébellion, détournement de fonds ou désobéissance. «C'est le procès le plus important que nous ayons connu en démocratie», a affirmé vendredi le président de la Cour suprême qui jugera l'affaire, Carlos Lesmes.

Plus de 600 journalistes de 150 médias ont été accrédités pour ce procès qui devrait durer «environ trois mois», soit jusqu'à fin avril ou début mai. Le jugement ne sera rendu, au plus tôt, que deux à trois mois plus tard, a expliqué Carlos Lesmes.

«Une farce»

Pour les séparatistes, qui revendiquent le caractère pacifique de leur mouvement et dénoncent les longs mois passés en détention provisoire par neuf des accusés, ce procès est «une farce». «Nous sommes face à une stratégie préméditée pour liquider l'expression et la volonté démocratiques des Catalans», a dénoncé vendredi le président indépendantiste de la Catalogne, Quim Torra.

«Ce sera un procès avec toutes les garanties possibles, nous sommes un Etat de droit», lui a répondu la porte-parole du gouvernement central, Isabel Celaa. Carlos Lesmes a également dénoncé «une grande campagne pour discréditer l'institution judiciaire espagnole», affirmant qu'il régnait une «énorme pluralité idéologique» parmi les sept magistrats qui jugeront l'affaire.

Sur le banc des accusés se retrouveront l'ex-vice-président régional Oriol Junqueras, des membres de son exécutif, deux dirigeants de puissantes associations indépendantistes et l'ex-présidente du parlement catalan, Carme Forcadell.

Avec Rajoy, mais sans Puigdemont

Les neuf accusés en détention provisoire, depuis plus d'un an pour certains, ont été transférés vendredi de leur prison en Catalogne vers des prisons de la région de Madrid, où ils resteront pendant toute la durée du procès. Des dizaines de militants indépendantistes ont crié «liberté» au passage de leur convoi, a constaté l'AFP. Les magistrats ont également dévoilé vendredi la liste des personnes appelées à témoigner durant l'audience. Parmi elles, Mariano Rajoy, chef du gouvernement au moment de la crise catalane en octobre 2017, sa vice-présidente Soraya Saenz de Santamaria ou le président du Pays basque Iñigo Urkullu, qui avait servi de médiateur entre Barcelone et Madrid au paroxysme des tensions.

Président catalan au moment des faits, Carles Puigdemont sera le grand absent de ce procès. Il avait quitté l'Espagne pour la Belgique afin d'échapper aux poursuites judiciaires après la déclaration unilatérale d'indépendance du 27 octobre. La tentative de sécession, précédée d'un référendum d'autodétermination interdit par la justice le 1er octobre, avait entraîné la destitution de l'exécutif de Carles Puigdemont et la suspension de l'autonomie de la Catalogne par le gouvernement central.

Violence contestée

Les juges auront à trancher une question fondamentale : y a-t-il eu violence lors de la tentative des indépendantistes de séparer la Catalogne de l'Espagne ? Ou, comme l'a affirmé Carlos Lesmes, «une des questions centrales du procès sera de savoir si ce qui est arrivé peut être considéré comme de la violence».

L'existence d'un «soulèvement violent» est en effet une condition indispensable de la rébellion, le délit le plus grave dont sont accusés neuf protagonistes. Les indépendantistes soutiennent que la seule violence a été celle des policiers envoyés par Madrid en Catalogne pour empêcher la tenue du référendum le 1er octobre.

Mais pour le parquet, les séparatistes «envisageaient l'utilisation de tous les moyens nécessaires pour atteindre leur objectif, y compris (...) la violence nécessaire pour assurer le résultat criminel recherché». (ats/nxp)

Créé: 01.02.2019, 13h58

Rajoy entendu comme témoin au procès des indépendantistes

L'ancien chef du gouvernement espagnol conservateur Mariano Rajoy figure parmi les «centaines» de témoins qui seront entendus lors du procès des dirigeants indépendantistes catalans qui s'ouvrira le 12 février devant la Cour suprême de Madrid, a annoncé vendredi l'institution.

Le tribunal a en revanche refusé d'entendre comme témoin l'ancien président catalan indépendantiste Carles Puigdemont, qui avait fui en Belgique pour échapper aux poursuites.

M. Rajoy, qui a été renversé en juin dernier par une motion de censure, était au pouvoir au moment de la tentative de sécession de la Catalogne en octobre 2017.

Il avait destitué le gouvernement indépendantiste régional de Carles Puigdemont et suspendu l'autonomie de la riche région du nord-est de l'Espagne après le vote d'une déclaration d'indépendance par le parlement catalan le 27 octobre.
, l'ancien président catalan Artur Mas ou la maire de Barcelone Ada Colau figurent aussi parmi les témoins acceptés.

Tout comme des citoyens ou des policiers ayant été blessés lors des évènements d'octobre 2017 en Catalogne, où un référendum d'autodétermination avait eu lieu le 1er octobre malgré l'interdiction de la justice espagnole.
Outre M. Puigdemont, la Cour suprême indique avoir refusé comme témoins des experts en droits de l'homme, ou des intellectuels comme le linguiste américain Noam Chomsky ou l'historien britannique Paul Preston.

Le procès de douze dirigeants indépendantistes catalans pour leur rôle dans la tentative de sécession d'octobre 2017 commencera mardi 12 février.
De lourdes peines de prison ont été requises par le parquet, allant jusqu'à 25 ans à l'encontre de l'ancien vice-président catalan Oriol Junqueras.

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