Mikael et Vanessa, ces stylistes qui se distinguent à New York

ModeIl est Genevois, elle est Fribourgeoise. Invités par Mode Suisse, ils se sont fait un nom à la Fashion Week.

Mikael Vilchez et Vanessa Schindler sont tous deux passés par la Haute École d’art et de design de Genève.

Mikael Vilchez et Vanessa Schindler sont tous deux passés par la Haute École d’art et de design de Genève. Image: JEAN-COSME DELALOYE

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Elle est une présence discrète dans la foule des amateurs de selfies qui s’affiche en ce lundi de Fashion Week à New York. Vanessa Schindler, une styliste fribourgeoise installée à Lausanne, présente ce soir-là, au cœur de Soho, le quartier phare de la mode new-yorkaise, ses créations à la fois expérimentales et élégantes, dans le cadre d’un événement organisé par Mode Suisse. Le travail de la jeune femme de 31 ans tient presque plus de la sculpture que du stylisme traditionnel puisqu’elle utilise le polystyrène pour marier les tissus, créer ses robes et modeler ses bijoux. «J’ai voulu repenser la création de mode avec cette collection qui était à l’origine mon travail de master à la Haute École d’art et de design (HEAD) de Genève, explique-t-elle. C’était plus un projet de recherche et une manière de repenser l’artisanat qu’une initiative commerciale.»

Connue en France

Vanessa Schindler. Ce nom résonne déjà en France puisque la styliste a remporté en 2017 le Grand Prix du jury de la 32e édition du célèbre Festival international de mode et de photographie d’Hyères. Cette victoire lui a ouvert des portes et valu une solide reconnaissance dans la presse spécialisée. Vanessa Schindler a créé une collection capsule pour Petit Bateau et a notamment revisité la marinière iconique de la marque française. Aux États-Unis, ses bijoux ont été commercialisés par Opening Ceremony, un portail de mode pointu, ce qui a accéléré le rythme de travail d’une créatrice qui fait encore tout toute seule. «Au moment du Festival d’Hyères, je n’étais pas prête à lancer une marque», poursuit la styliste, qui a effectué un stage chez Balenciaga. «Le monde de la mode est compliqué, car tout va très vite.»

Les robes de la styliste sont pour l’instant des pièces uniques qui ne sont pas commercialisées. «J’ai conçu mon travail comme une manière de trouver des solutions qui soient autres que celles de la couture traditionnelle», poursuit la jeune femme, qui soude ses vêtements en utilisant de l’uréthane. «Je ne fais pas de dessins sur papier. C’est très spontané et je fonctionne presque plus comme une plasticienne. Mon but est de pouvoir offrir à quelqu’un un geste de la main.»

La Fashion Week est une vitrine dans laquelle la concurrence est rude. Ce lundi soir, Tom Ford attire les célébrités, la presse et les acheteurs avec son défilé organisé dans une station de métro proche de Soho. À deux pas du showroom de Mode Suisse, la célèbre marque de jeans Diesel présente sa nouvelle collaboration avec le label londonien A Cold Wall.

L’égalité des genres

Le jean est un monde dans lequel évolue le Genevois Mikael Vilchez, le jeune fondateur de la marque Forbidden Denimeries, lui aussi invité à New York par Mode Suisse. Sa jupe en forme de queue de sirène portée un mannequin homme détonne ce soir-là. C’est l’une des pièces maîtresse d’une collection inspirée par la culture pop des États-Unis et qui défie la notion de masculin et de féminin. «L’idée de la marque est de promouvoir l’égalité des genres. Certains vêtements sont construits sur des hommes, d’autres sur des femmes. Mais ce n’est pas forcément spécifié sur le vêtement. Pour moi, un vêtement n’a pas de genre, explique Mikael Vilchez. C’est la personne qui donne un genre au vêtement.»

Mikael Vilchez produit ses pièces en Italie avec du jean durable ou recyclé, produit selon des procédés respectueux de l’environnement. Le styliste est aussi passé par la HEAD de Genève et a remporté trois Swiss Design Awards. Et comme pour Vanessa Schindler, son travail est la suite de son travail de diplôme. Pendant ses études, le Genevois recréait chaque semaine le look «iconique» d’une «femme divine» qui l’«obsédait depuis l’enfance» – les chanteuses Jennifer Lopez et Christina Aguilera, l’actrice Glenn Close, la danseuse Pina Bausch – et le «traduisait» avec son «vocabulaire du jean» avant de se mettre en scène avec ses créations: «La performance artistique était intégrée au processus de design», poursuit-il.

Forbidden Denimeries a récemment connu un buzz cette année, lorsque l’acteur Billy Porter a fait la couverture d’un magazine dans une robe en jean créée par Mikael Vilchez. «Quand je l’ai vu porter une jupe noire aux Oscars, je me suis dit qu’il représentait ce que je voulais exprimer à travers ma marque. Je l’ai contacté et il a porté ma création», se réjouit le créateur.

La campagne puis la ville

La présentation de sa collection à New York a permis à Mikael Vilchez de prendre des contacts avec des acheteurs new-yorkais et japonais. «Je suis très content», glisse-t-il peu avant de quitter New York pour retrouver son atelier d’Aire-la-Ville, dans la campagne genevoise. «Je suis comme dans une bulle, conclut-il. J’ai un plaisir à pouvoir créer dans le calme de la campagne des pièces que je présente ensuite dans les grandes villes.»

Créé: 13.09.2019, 20h45

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