Mort de Clément Méric: trois skinheads jugés

FranceLe procès des meurtriers présumés d'un militant antifasciste décédé en 2013 s'est ouvert mardi à Paris.

La mort du jeune homme est resté un «traumatisme» pour l'ultra gauche française.

La mort du jeune homme est resté un «traumatisme» pour l'ultra gauche française. Image: Archive/photo d'illustration/AFP

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Le procès de trois skinheads impliqués dans la mort de Clément Méric, étudiant français devenu le symbole de l'engagement antifasciste tué en 2013 lors d'une bagarre, s'ouvre mardi pour deux semaines devant les assises de Paris.

Les deux principaux accusés, Esteban M. et Samuel D., 25 ans, ont effectué plusieurs mois de détention provisoire et comparaissent libres. Renvoyés en procès pour des violences «ayant entraîné la mort sans intention de la donner», commises en réunion et avec arme - un poing américain -, ils encourent jusqu'à 20 ans de réclusion criminelle. Un troisième skinhead, Alexandre E., 29 ans, sera, lui, jugé pour des violences aggravées passibles de 5 ans d'emprisonnement.

Depuis cinq ans, les «antifas» dénoncent un «assassinat politique» et les identitaires plaident une légitime «autodéfense». Les débats devront lever les incertitudes sur plusieurs points: y a-t-il eu ou pas usage d'une arme, volonté de tuer ou énième bagarre qui tourne mal?

Le 5 juin 2013 vers 18h, des «skins» et des «antifas» s'étaient retrouvés à la même vente privée de vêtements, dans une boutique des grands boulevards parisiens. Les jeunes se toisent, s'invectivent ou se provoquent. Quarante minutes plus tard, une rixe éclate: Clément Méric, étudiant à Sciences-Po qui se remet tout juste d'une leucémie, s'écroule. Son décès, prononcé le lendemain, fait resurgir le spectre des violences de l'extrême droite.

«On les a défoncés»

Le gouvernement promet de punir «les assassins», puis dissout plusieurs groupuscules identitaires et racistes dont étaient proches certains des accusés. Au terme de l'enquête, les juges concluent à une rencontre imprévue qui a dégénéré en bagarre, mais écartent l'intention homicide.

Esteban M. a reconnu avoir frappé Clément Méric, mais toujours nié avoir fait usage d'un poing américain, circonstance aggravante aux coups mortels. «Deux coups, à mains nues» et «c'est tout», selon sa défense. Quant à Samuel D., il «n'a porté aucun coup à Méric», selon son avocat Antoine Vey.

Les débat seront déterminants, face à des expertises médicales qui se contredisent et des témoignages divergents. Certains ont vu Esteban M. armé d'un poing américain, d'autres pas. En garde à vue, M. lui-même affirme que D. frappait les «antifas» à l'aide d'un poing américain. Et le soir-même, Samuel D. envoie des SMS à un ami: «J'ai frappé avec ton poing américain», «On les a défoncés». Les récits s'accordent sur l'atmosphère électrique de la rencontre. Chaque camp s'accuse ensuite d'avoir frappé le premier.

La mort du jeune homme est restée un «traumatisme» pour l'ultra gauche française. Lundi soir, près de 300 sympathisants antifascistes se sont rassemblés non loin du palais de justice à Paris pour réclamer la «vérité» sur la mort de leur camarade. (afp/nxp)

Créé: 04.09.2018, 09h40

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