Moscou presse l'ONU d'adopter l'accord de Genève

SyrieLa Russie, fidèle allié de Damas, a annoncé samedi qu'elle allait pousser le Conseil de sécurité de l'ONU à approuver l'accord de Genève sur les principes d'une transition en Syrie.

Les combats continuent de faire rage en Syrie.

Les combats continuent de faire rage en Syrie. Image: AFP

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Sur le terrain, après environ 20 heures de combats, les forces loyalistes ont repoussé avec des chars et des hélicoptères une attaque rebelle contre une caserne à Hanano, dans l'est d'Alep, où ils avaient réussi à entrer vendredi, selon des témoins.

D'après une source militaire à Alep, métropole du Nord théâtre de violents affrontements depuis le 20 juillet, les soldats ont réussi à détruire six véhicules tout-terrain où les insurgés avaient commencé à entreposer des armes prises dans l'armurerie.

«Les rebelles ont mis toutes leurs forces dans cette bataille car ils manquent cruellement d'armes», a également précisé cette source.

Tirs

La destruction d'une canalisation samedi dans cette zone privait une grande partie de la ville - la moitié selon des habitants - d'eau potable samedi soir.

Des militants ont accusé l'aviation d'avoir «détruit le principal acheminement d'eau potable de la ville», tandis que la Compagnie des eaux a expliqué qu'il était impossible d'envoyer une équipe sur les lieux.

Au total, les violences ont fait au moins 80 tués - 25 civils, 19 rebelles et 36 soldats - samedi en Syrie, selon un bilan provisoire de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui avait fait état de 136 tués vendredi.

L'OSDH a aussi signalé la découverte de 17 corps non identifiés, apparemment exécutés, dans une tranchée à Alep.

26 000 tués évoqués

Néanmoins, les rebelles ne lâchent pas prise. Selon l'OSDH, ils ont pris pour cible samedi un point de contrôle de l'armée dans la zone industrielle de Al-Layramoun (nord-ouest). Cinq assaillants ont péri et plusieurs membres des forces de sécurité ont été «tués et blessés».

Résolues à écraser l'insurrection, les forces gouvernementales multipliaient de leur côté les bombardements contre des bastions rebelles, comme les quartiers de Hajar al-Aswad et de Tadamoun dans le sud de Damas, ou Boukamal, dans l'est du pays.

Elles sont entrées dans le camp de réfugiés palestiniens de Yarmouk, dans le sud de Damas, pour en chasser les insurgés qui s'y sont retranchés, a annoncé l'opposition syrienne.

Le conflit a même fait des victimes en Irak. Une fillette a été tuée et quatre autres personnes blessées par des obus syriens près de la frontière, selon des sources militaire et médicale.

Alors que les initiatives diplomatiques ont pour le moment toutes échoué à mettre un terme à la spirale de la violence, qui a fait 26 000 tués en près de 18 mois, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a indiqué que «la Russie plaidera pour que le Conseil de sécurité approuve le communiqué de Genève» lors d'une réunion fin septembre.

Discussion

Cet accord, adopté le 30 juin par le Groupe d'action sur la Syrie, fixe des principes pour la transition dans ce pays, mais sans appeler au départ du président Bachar al-Assad.

A l'issue d'une rencontre avec la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton à Vladivostok (Russie), le ministre Lavrov a dénoncé les sanctions unilatérales américaines contre la Syrie et l'Iran, estimant qu'elles «prennent de plus en plus un caractère extra- territorial qui touche aux intérêts des entreprises russes».

La Russie a bloqué à trois reprises avec la Chine des résolutions occidentales à l'ONU menaçant le régime de sanctions.

Mais Mme Clinton a répété que toute résolution devait «prévoir de réelles conséquences en cas de non-respect», comme des sanctions économiques, selon un haut responsable américain parlant sous couvert de l'anonymat.

Souhait par l'UE

A Chypre, où les ministres européens des Affaires étrangères se sont réunis durant deux jours, un «consensus» s'est dégagé «sur l'augmentation des sanctions contre la Syrie», selon la cheffe de la diplomatie chypriote Erato Kozakou-Marcoullis.

Le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, a évoqué de son côté le principe du «devoir d'ingérence» si aucun point d'ancrage ne peut être trouvé au Conseil de sécurité avec la Russie et la Chine.

En visite ensuite dans le vaste camp de réfugiés syriens à Zaatari, en Jordanie, leur homologue allemand Guido Westerwelle a estimé qu'il fallait «isoler le régime d'Assad».

Après l'échec de son prédécesseur Kofi Annan, le médiateur international Lakhdar Brahimi se rendra de son côté dimanche au Caire pour des entretiens avec la Ligue arabe. Il souhaite aller à Damas dans les jours suivants, a indiqué son porte-parole. (ats/nxp)

Créé: 08.09.2012, 22h20

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