Nouveau revers pour la gauche en Roumanie

EuropeLes sociaux-démocrates (PSD) au pouvoir ont été lâchés lundi par leur partenaire de coalition, le parti libéral Alde.

La Première ministre Viorica Dancila a exclu dans l'immédiat de démissionner.

La Première ministre Viorica Dancila a exclu dans l'immédiat de démissionner. Image: AFP

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Les sociaux-démocrates (PSD) au pouvoir en Roumanie ont subi lundi un nouveau revers avec le départ de leur partenaire de coalition, le parti libéral Alde. Déjà fragilisés par une série de déboires, ils perdent par cette décision la majorité parlementaire.

La Première ministre Viorica Dancila a exclu dans l'immédiat de démissionner. «Mes collègues ont décidé à l'unanimité que nous devrions continuer à gouverner», a-t-elle déclaré. «Face à ceux qui ont voté pour nous en 2016, nous avons la responsabilité de maintenir la stabilité et de tenir nos engagements».

La cheffe de l'exécutif a également assuré que la ministre des Affaires étrangères, Ramona Manescu, pourtant nommée par Alde, allait conserver son portefeuille. Viorica Dancila va tenter de «négocier» afin de «former une majorité au parlement». «Si une motion de censure est adoptée, nous nous plierons à la volonté du parlement», a-t-elle ajouté.

Dacian Ciolos, leader du parti d'opposition PLUS, ancien Premier ministre et président du groupe centriste «Renew Europe» au parlement européen, s'est prononcé pour la convocation d'élections anticipées.

Législatives prévues fin 2020

Les relations n'ont cessé de se dégrader ces derniers mois entre les deux alliés roumains qui gouvernent ensemble depuis fin 2016. Le patron du parti Alde, Calin Popescu Tariceanu, également président du Sénat roumain, a acté ces désaccords en demandant lundi aux quatre ministres issus de sa formation de démissionner. «Ma confiance a été sérieusement ébranlée par une série de décisions prises sans me consulter», a expliqué M. Tariceanu à propos des raisons de ce divorce.

Sans le soutien des députés Alde, le PSD ne dispose plus que de 205 sièges au parlement sur un total de 465. Les prochaines législatives sont prévues fin 2020. La décision des sociaux-démocrates de désigner Mme Dancila comme candidate de la gauche pour défier le chef de l'État sortant Klaus Iohannis à l'élection présidentielle de novembre est présentée comme un élément déclencheur du divorce entre les PSD et l'Alde.

Mais rien ne va plus pour les sociaux-démocrates depuis l'incarcération en mai de l'ex-dirigeant du parti, le sulfureux Liviu Dragnea, condamné à une peine de trois ans et demi de prison dans une affaire d'emplois fictifs.

Refonte du système judiciaire

Le PSD, qui a largement dominé la vie politique depuis la chute du régime communiste fin 1989, risque pour la première fois en 30 ans de ne pas parvenir au second tour de la présidentielle, estiment les analystes.

Ce parti paie aussi le prix d'une refonte controversée du système judiciaire menée au pas de charge depuis son retour au gouvernement. Destinée, selon l'opposition, à mettre à l'abri de poursuites des élus soupçonnés de corruption, cette réforme a suscité la colère des Roumains et les vives critiques de Bruxelles.

Les sociaux-démocrates ont déjà subi un cuisant revers aux élections européennes, lorsqu'ils sont arrivés derrière le Parti national libéral (centre droit) dont est issu le chef de l'État Klaus Iohannis. (ats/nxp)

Créé: 27.08.2019, 00h03

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