Nouvelle crise après la démission forcée du Premier ministre

MaliCheick Modibo Diarra a annoncé à l'aube sa démission et celle de son gouvernement, quelques heures après avoir été arrêté et placé en résidence surveillée par des soldats, sur ordre du chef de l'ex-junte putschiste.

Nouveau coup de force des ex-putschistes.

Nouveau coup de force des ex-putschistes. Image: Keystone

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Le Mali plongeait mardi dans une nouvelle crise ouverte, après le départ forcé du Premier ministre.

Le porte-parole de celle-ci, Bakary Mariko, a démenti tout «coup d'Etat». Il a assuré qu'un nouveau chef du gouvernement sera nommé «dans les prochaines heures» par le président Dioncounda Traoré, reprochant à Cheick Modibo Diarra de ne pas avoir agi en «homme de devoir» face à la crise au Mali, mais en fonction d'«un agenda personnel». A la mi-journée, la présidence n'avait pas réagi.

La cheffe de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, a souhaité qu'un nouveau Premier ministre «consensuel» soit rapidement nommé au Mali et a appelé l'armée «à cesser d'interférer dans la vie politique». «Préoccupée», la France a condamné les «circonstances» de la démission de Cheick Modibo Diarra et demandé la formation rapide d'un «nouveau gouvernement représentatif».

Des voix se sont élevées également au Mali, où le Front uni pour la défense de la République et de la démocratie (FDR) a dénoncé une démission qui «rompt avec les règles du bon fonctionnement d'un Etat». Le FDR est une coalition d'une quarantaine de partis politiques opposés au coup d'Etat du 22 mars au Mali et favorables à une intervention militaire africaine dans le pays.

Dans la capitale, les habitants vaquaient normalement à leurs occupations. Aucun déploiement de soldats n'était visible, mais les ministères étaient placés sous surveillance policière. Les militaires ont en outre bloqué l'accès à Kati, ville de garnison située à l'extérieur de la capitale qui sert de quartier général à l'ex-junte et où a été conduit Cheick Modibo Diarra.

Militaires de l'UE début 2013

Ce nouveau coup de force des ex-putschistes survient au lendemain de la décision de l'Union européenne d'envoyer dans le pays 400 militaires début 2013 pour former l'armée malienne en vue de la reconquête du nord du pays, occupé depuis huit mois par des islamistes armés.

Il s'agit de la première concrétisation d'un engagement étranger sur le terrain, alors que Bamako et la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) attendent, avant Noël, un feu vert du Conseil de sécurité de l'ONU sur le déploiement d'une force internationale de 3300 hommes dans la région.

Alors que Cheick Modibo Diarra s'est prononcé à plusieurs reprises en faveur d'une intervention étrangère rapide, le capitaine Amadou Haya Sanogo, ancien chef de l'ex-junte militaire, désormais à la tête d'un comité de réforme de l'armée, l'avait acceptée du bout des lèvres, disant préférer compter sur l'armée malienne pour reconquérir le nord.

Autorités civiles fragiles

Ce nouveau rebondissement prouve la fragilité des autorités civiles de transition, alors que le capitaine Sanogo, contraint de rendre le pouvoir à des civils après son coup d'Etat le 22 mars, mais resté influent, a une nouvelle fois prouvé son pouvoir de nuisance.

Les profondes divisions de la société malienne avaient d'ailleurs poussé des partis et organisations politiques à demander le report des «concertations nationales» prévues à partir de mardi par le gouvernement de transition pour tenter d'établir une «feuille de route» pour les mois à venir.

Le nord du Mali est contrôlé depuis fin juin par trois groupes islamistes armés: Ansar Dine, mouvement essentiellement composé de Touareg maliens, et les jihadistes surtout étrangers d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et du Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao). (ats/afp/nxp)

Créé: 11.12.2012, 21h40

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