Qui est la gouverneure de l'Alabama qui a banni l'avortement?

Droit à l'avortementÀ 74 ans, Kay Ellen Ivey vient de signer une loi bannissant l’IVG de son État. Portrait d'une femme ultraconservatrice.

Image: Twitter @GovernorKayIvey

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En vingt-quatre heures, les 15 et 16 mai, les Américains ont découvert la femme de 74 ans qui mène la croisade conservatrice aux États-Unis. Son nom: Kay Ellen Ivey. Sa fonction: gouverneure de l’Alabama. Le 15 mai, au moment de promulguer une loi qui bannit le droit à l’avortement dans son État, même dans les cas de viol ou d’inceste, l’élue républicaine a invoqué sa croyance selon laquelle «toute vie est un cadeau sacré de Dieu». Le lendemain, elle a autorisé l’exécution de Michael Brandon Samra, un homme condamné à mort en 1997 pour un quadruple meurtre. Il s’agissait de la 7e exécution en Alabama depuis que Kay Ivey a accédé au poste de gouverneur en avril 2017.

Cette femme, mariée 2 fois mais qui n’a jamais eu d’enfants, incarne les contradictions de projet de société que le Parti républicain est déterminé à implanter aux États-Unis dans un contexte politique favorable pour lui. La nomination de deux juges conservateurs - Neil Gorsuch et Brett Kavanaugh - à la Cour suprême des États-Unis depuis l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche, a fait basculer la majorité de la plus haut instance judiciaire américaine à droite. Et Donald Trump ne cesse de souligner la nomination de 107 juges fédéraux conservateurs que la Maison-Blanche a déjà réussi à faire confirmer depuis le début de sa présidence.

Cette rapide mutation des tribunaux américains, qui doivent trancher sur la légalité des lois votées aux États-Unis, offre de nouvelles perspectives au Parti républicain dont fait partie Kay Ivey. Cette dernière a conclu une alliance hétéroclite avec Donald Trump, un homme avec lequel elle n’a guère de points communs. Alors que le président des États-Unis a grandi dans l’opulence à New York, Kay Ivey est une fille d’agriculteurs et est originaire de Camden, une ville modeste de 2000 habitants de l’Alabama.

Contrairement à Donald Trump qui a fait tout sa carrière dans les affaires et la télé-réalité avant de présenter à la Maison-Blanche en 2016, Kay Ivey est entrée en politique en 1979. Cette ancienne enseignante et employée de banque a patiemment gravi les échelons avant d’atteindre le poste de gouverneur de l’Alabama le 10 avril 2017. Elle y a accédé lorsque Robert Bentley, le gouverneur dont elle était l’adjointe, a dû démissionner à cause d’un scandale sexuel. Elle a été confirmée à son poste en 2018 en remportant l’élection avec près de 60% des voix.

Depuis qu’elle est à la tête de l’Alabama, Kay Ivey mène une politique ultraconservatrice. En mai 2017, elle a promulgué un projet de loi permettant aux orphelinats gérés par des organisations religieuses de refuser de placer des enfants chez des parents homosexuels. Elle a aussi donné son feu vert à un projet de loi raccourcissant la procédure d’appel des condamnés à mort. Et peu après la fusillade Parkland le 14 février 2018, Kay Ivey a signé un décret autorisant le personnel administratif des écoles de son État à se rendre armé à l’école.

La lutte contre l’avortement, au cœur de son combat politique. En août de l’année dernière, une Cour d’appel fédérale avait bloqué un autre texte de loi anti-avortement dans l’Alabama. «Je suis déçue par la décision de la Cour», avait déclaré Kay Ivey à l’époque. «Cela ne devrait toutefois pas décourager notre engagement sans failles pour protéger la vie des enfants qui ne sont pas encore nés, même si cela implique que nous devons aller jusqu’à la Cour suprême.»

En promulguant l’interdiction quasi totale des interruptions de grossesse dans l’Alabama le 15 mai, Kay Ivey a ouvert un nouveau front dans la bataille légale des conservateurs contre l’avortement aux États-Unis. Une plainte a été déposée le 24 mai contre l’Alabama pour tenter de faire bloquer la loi. «Avec cette plainte, nous cherchons à obtenir un verdict des tribunaux pour faire en sorte que cette loi n’entre jamais en vigueur», a affirmé Randall Marshall, le directeur de l’American Civil Liberties Union dans l’Alabama, l’un des plaignants. Teri Collins, une parlementaire républicaine de l’Alabama, alliée de Kay Ivey, s’est félicitée de cette plainte. Elle a souligné dans un communiqué la détermination des conservateurs à utiliser la nouvelle loi de l’Alabama comme un «véhicule» pour s’attaquer au droit à l’avortement sur tout le territoire américain. (24 heures)

Créé: 28.05.2019, 14h15

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