Reza Zarrab accusé d'avoir violé un co-détenu

New YorkL'homme d'affaires turco-iranien, témoin-clé d'un procès gênant pour Ankara, est accusé de viol sur un co-détenu en prison.

Reza Zarrab témoigne depuis mercredi dernier dans un procès devant le tribunal fédéral de Manhattan.

Reza Zarrab témoigne depuis mercredi dernier dans un procès devant le tribunal fédéral de Manhattan. Image: Keystone

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L'homme d'affaires turco-iranien Reza Zarrab, témoin-clé d'un procès sur le contournement des sanctions contre l'Iran qu'Ankara s'efforce de décrédibiliser, est désormais accusé de viol et d'abus sexuels sur un co-détenu, selon une plainte enregistrée à New York.

Selon cette plainte déposée mercredi devant la Cour suprême de l'Etat de New York, un détenu ivoirien, Faouzi Jaber, accuse Reza Zarrab, 34 ans, de l'avoir agressé sexuellement et violé alors qu'ils étaient dans la même cellule à la prison fédérale de Manhattan, entre novembre 2016 et mars 2017.

Selon la plainte, Reza Zarrab a d'abord gagné l'amitié de Faouzi Jaber, allant jusqu'à payer pour qu'il puisse prendre un avocat privé au lieu d'un avocat commis d'office. Les abus sexuels contre M. Jaber, 62 ans - décrit comme un homme «fragile», souffrant de «divers problèmes de santé» - auraient commencé à l'automne 2016, transformant la cellule des deux hommes en «chambre de torture». Ils auraient continué jusqu'en mars dernier, lorsque M. Zarrab a été transféré dans une autre unité.

Allégations «scandaleuses et fausses»

Un avocat de Zarrab, Robert Anello, a qualifié ces allégations de «scandaleuses et fausses, émanant d'une source sans une once de crédibilité», dans une déclaration à l'AFP.

Ces accusations surviennent alors que Reza Zarrab témoigne depuis mercredi dernier dans un procès devant le tribunal fédéral de Manhattan sur la façon dont il a orchestré, de début 2012 à fin 2013, un juteux système de contournement des sanctions économiques américaines contre l'Iran, via le blanchiment de milliards d'euros de revenus d'hydrocarbures iraniens.

Reza Zarrab, qui a plaidé coupable fin octobre et coopère avec le gouvernement américain, a affirmé avoir été aidé par l'ex-ministre de l'Economie Zafer Caglayan dans cette affaire, et impliqué le président Recep Tayyip Erdogan, laissant entendre qu'il était parfaitement au courant du système.

«Complot politique»

Le gouvernement turc, qui a qualifié le procès de «complot politique» et rejeté toutes les allégations, a ces derniers jours saisi les avoirs de Zarrab en Turquie et arrêté 17 personnes liées à l'homme d'affaires.

Interrogé pour savoir pourquoi la plainte n'avait été enregistrée que ce mercredi, des mois après les faits, l'avocat de Faouzi Jaber, Alexei Schacht, a indiqué à l'AFP n'avoir été que «récemment embauché comme avocat par Jaber, et avoir enregistré la plainte aussi vite que possible.»

Si l'administration pénitentiaire a jugé les faits reprochés à Zarrab «non étayés», «cela ne veut pas dire qu'ils n'ont pas eu lieu», a souligné M. Schacht, rappelant que M. Zarrab avait reconnu avoir soudoyé ses gardiens pour obtenir alcool et téléphone en prison. (afp/nxp)

Créé: 08.12.2017, 04h37

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