Roger Garaudy, figure du négationnisme, est décédé

FranceL'ex-chef de file des intellectuels communistes français et figure du négationnisme, est décédé mercredi en région parisienne à l’âge de 98 ans.

Roger Garaudy, ici dans une photo datant de 1997.

Roger Garaudy, ici dans une photo datant de 1997. Image: AFP

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Auteur du livre «Les Mythes fondateurs de la politique israélienne» (1996), Roger Garaudy avait été condamné en 1998 pour contestation de crimes contre l’humanité, après avoir provoqué une vive polémique. Son oeuvre avait été saluée par le régime islamique iranien, l’ex-dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, le responsable du Hezbollah libanais Hassan Nasrallah et les autorités saoudiennes.

Le 7 février 2000, la Cour de cassation du Tribunal cantonal vaudois avait condamné un libraire de Montreux à vingt jours de prison avec sursis. Celui-ci avait été reconnu coupable d’avoir distribué plus de 200 exemplaires du livre de Roger Garaudy.

Né le 17 juillet 1913 à Marseille, dans une famille protestante, fils d’un comptable, Roger Garaudy s’était converti au catholicisme puis à l’islam dans les années 1980. Agrégé de philosophie et docteur ès lettres, il adhère en 1933 au Parti communiste français (PCF). Arrêté en 1940, il est interné trente mois dans un camp en Algérie. En 1945, il entre au comité central du parti, et en 1956 au Bureau politique. Elu député en 1945, battu en 1951, il est réélu à l’Assemblée nationale (1956-58) puis au Sénat (1959-62).

Dans un portrait publié vendredi et intitulé «disparition de Roger Garaudy, de Staline à Mahomet», le quotidien communiste français «L’Humanité» salue celui qui a «joué, pour bon nombre d’intellectuels communistes de l’époque stalinienne, le rôle aujourd’hui totalement impensable de ’philosophe officiel’» du PCF.

Enfant terrible

Après avoir enseigné la philosophie à Albi, dans le sud de la France, puis à Alger et à Paris (1958-59), Roger Garaudy est devenu maître de conférences puis professeur titulaire à l’université.

A la fin des années 60, il devient l’enfant terrible du PCF par ses prises de position contestataires, avec la publication de ses livres «Le grand tournant du socialisme (1969) et «Toute la vérité» (1970). Après avoir dénoncé la normalisation en Tchécoslovaquie et qualifié le dirigeant communiste français de l’époque Georges Marchais de «fossoyeur du PC», il avait été exclu du PCF en 1970.

Créé: 15.06.2012, 13h07

L'actualité croquée par nos dessinateurs partie 7

Paru le 21 août 2019
(Image: Bénédicte ) Plus...