Sommet climat à l'ONU: la jeunesse fait pression

New YorkAprès des manifestations de la jeunesse sur tous les continents, des dizaines de dirigeants participent lundi à un sommet sur le climat à l'ONU.

Manifestation pour le climat à Bruxelles le 22 septembre 2019.

Manifestation pour le climat à Bruxelles le 22 septembre 2019. Image: AFP

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Une soixantaine de dirigeants mondiaux se retrouvent lundi à l'ONU pour un sommet sur «l'urgence climatique» censé revigorer le chancelant accord de Paris, alors que jamais l'humanité n'a rejeté dans l'atmosphère autant de gaz à effet de serre.

Trois jours après que des millions de jeunes ont manifesté sur cinq continents pour le climat, et quatre jours avant une nouvelle grève mondiale de l'école, le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, espère que des dizaines de leaders annonceront une révision à la hausse de leurs plans de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Moins de la moitié des 136 chefs d'États et de gouvernements qui viennent cette semaine à New York pour l'Assemblée générale annuelle de l'ONU ont demandé à participer. Symbole de la jeunesse révoltée, la Suédoise Greta Thunberg, 16 ans, a été invitée à prononcer devant les dirigeants un discours qu'on attend sans détours.

Trois minutes par dirigeant

À la tribune, les États-Unis seront les grands absents; Donald Trump sera dans les murs mais s'exprimera à un événement sur la liberté de religion. Le Brésil et l'Australie, dont le premier ministre conservateur était à la Maison-Blanche la semaine dernière, non plus, faute de choses à annoncer. Mais la Chine, qui dévore du charbon et émet deux fois plus de gaz à effet de serre que les États-Unis, s'exprimera par la voix de son chef de la diplomatie, Wang Yi.

Chaque dirigeant aura trois minutes. L'Indien Narendra Modi, dont le pays est comme la Chine fidèle au charbon, mais qui installe des quantités industrielles de panneaux solaires, commencera la journée avec Angela Merkel et les dirigeantes de Nouvelle-Zélande et des Îles Marshall, dans le Pacifique.

Un nombre important d'États devraient annoncer leur intention d'être neutres en carbone d'ici à 2050, selon Antonio Guterres, c'est-à-dire qu'ils réduiront grandement leurs émissions et compenseront le reliquat, par exemple en replantant des arbres, qui absorbent le carbone de l'air.

Semaine diplomatique

Ce but de «neutralité carbone», considéré si radical en 2015 qu'il avait été exclu du texte de l'accord de Paris, est devenu un point de ralliement pour de plus en plus d'États (Royaume-Uni, France, Union européenne...) et de multinationales, rendu plus pressant par les canicules de l'été dernier, les cyclones et les images de glaciers fondant presque à vue d’œil.

Les cinq années passées devraient constituer la période la plus chaude jamais enregistrée, selon un rapport publié dimanche par l'ONU. La Terre est en moyenne plus chaude de 1 °C qu'au XIXe siècle, et le rythme va s'accélérer.

Mais les promesses de lundi n'auront pas de valeur légale. Le sommet n'est qu'un «tremplin» vers la réunion COP26 de Glasgow à la fin de 2020, quand les pays sont censés soumettre à l'ONU des engagements révisés à la hausse de lutte contre le changement climatique.

Selon l'ONU, 75 des 195 pays signataires de l'accord de Paris ont déjà dit leur intention de le faire. Les États-Unis de Donald Trump n'en font pas partie. Dans l'actualité plus brûlante, l'Amazonie sera le sujet d'une réunion organisée par le Chili, la Colombie et la France juste avant le sommet climat lundi matin à 8 h (10 h en Suisse), avec le lancement prévu d'une initiative pour la protection des forêts tropicales.

Sujet sensible

Le sujet est sensible après que le président brésilien Jair Bolsonaro, en conflit ouvert avec Emmanuel Macron, a dénoncé une remise en cause de la souveraineté du Brésil, qui contient la majorité de la forêt amazonienne. La France rassure: la réunion se fera «dans le respect de la souveraineté de chacun», selon le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian.

Les grands discours à l'Assemblée générale de l'ONU commenceront mardi matin, mais les quartiers de New York autour des Nations Unies, quadrillés par la police, vibreront dès lundi du vacarme des cortèges officiels, des centaines de rencontres et d'événements étant prévus dans la ville.

L'agenda du président iranien, Hassan Rohani, sera suivi de près par les diplomates, même si une rencontre avec Donald Trump semble peu probable, après les attaques contre des installations pétrolières saoudiennes attribuées à Téhéran par Washington. (afp/nxp)

Créé: 23.09.2019, 04h50

Articles en relation

Donald Trump va faire son retour à l'ONU

New York Sans percées diplomatiques à vanter, le président américain retourne à New York pour l'Assemblée générale de l'ONU. Plus...

Ces cinq années ont été les années les plus chaudes

Climat A la veille du sommet climat qui va réunir une soixantaine de dirigeants à New York, l'ONU fait état d'une longue liste de mauvaises nouvelles. Plus...

ONU: les jeunes donnent de la voix sur le climat

Environnement Quelque 500 jeunes du monde entier ont appelé samedi les dirigeants à agir pour le climat lors d'un sommet à l'ONU. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.