Sommet historique entre l'Ethiopie et l'Erythrée

AfriqueLes dirigeants éthiopien et érythréen se rencontrent à Asmara dimanche. Les relations entre les deux pays sont extrêmement tendues depuis 20 ans.

Le président érythréen Isaias Afwerki.

Le président érythréen Isaias Afwerki. Image: AFP

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Le premier ministre éthiopien Abiy Ahmed s'est rendu dimanche à Asmara où il a été accueilli par le président érythréen Isaias Afwerki. Ce sommet historique pourrait mettre un terme à 20 ans d'hostilité entre les deux voisins de la Corne de l'Afrique.

Lors d'une scène inimaginable il y a encore quelques semaines, M. Abiy est descendu d'un avion d'Ethiopian Airlines à l'aéroport d'Asmara. Il a salué le président Isaias et l'a pris dans ses bras avant que les deux hommes ne foulent un tapis rouge. Ils n'ont fait aucun commentaire avant de se diriger vers le lieu d'un entretien au palais présidentiel érythréen.

Le chef de cabinet de M. Abiy, Fitsum Arega, a déclaré dans un tweet que «la visite offre une occasion extraordinaire pour promouvoir la paix pour le bien de nos peuples». «Cette visite s'inscrit dans les efforts de normalisation avec l'Erythrée. (M. Abiy) doit discuter avec les dirigeants érythréens de la manière de nous réconcilier», a déclaré le porte-parole du ministère éthiopien des Affaires étrangères Meles Alem.

Une guerre et 80'000 morts

La rencontre de ce dimanche est la première de ce genre depuis 20 ans. Elle fait suite à l'annonce par M. Abiy le mois dernier de la volonté de l'Ethiopie de céder à l'Erythrée un territoire frontalier disputé qu'elle occupe toujours malgré un jugement d'une commission indépendante internationale soutenue par l'ONU.

L'Erythrée a obtenu l'indépendance de l'Ethiopie en 1993 après trente années de lutte armée. De 1998 à 2000, une guerre a opposé les deux pays, faisant 80'000 morts, en raison de désaccords sur la frontière. Depuis, Asmara et Addis-Abeba n'ont pas de relations diplomatiques.

La frontière commune reste fortement militarisée et son tracé est toujours contesté autour de la ville de Badmé. En 2002, la Cour permanente d'arbitrage de La Haye a attribué Badmé à l'Erythrée, mais Addis-Abeba a ignoré ce jugement et la ville est restée sous administration éthiopienne.

Pas encore sur le terrain

Arrivé au pouvoir à Addis Abeba en avril, M. Abiy, 42 ans, a amorcé un train de réformes sans précédent depuis plus de 25 ans dans le deuxième pays le plus peuplé d'Afrique. En juin, à la surprise générale, il a annoncé qu'il était prêt à respecter le jugement international sur la frontière contestée.

Cette initiative a débouché sur l'envoi fin juin à Addis Abeba d'une délégation érythréenne de haut niveau, accueillie avec faste en Ethiopie et ce, pour la première fois depuis 1998. La visite de M. Abiy à Asmara avait été annoncée à cette occasion, mais sans précision sur la date. La promesse du premier ministre d'un retrait éthiopien de la zone contestée ne s'est pas encore concrétisée sur le terrain. (ats/nxp)

Créé: 08.07.2018, 12h37

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