Téhéran dévoile son premier avion de combat

IranEn pleine tension avec les Etats-Unis sur le dossier nucléaire, Téhéran a testé avec succès mardi son chasseur de fabrication 100% iranienne.

Le «Kowsar» dispose d'équipements techniques «de pointe».
Vidéo: AFP

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L'Iran a dévoilé mardi son premier avion de combat de fabrication 100% iranienne, tout en affirmant que ses capacités militaires sont uniquement dissuasives et visent à parvenir à une «paix durable», en pleine tension avec les Etats-Unis sur le dossier nucléaire.

Selon l'agence de presse iranienne Tasnim, cet avion de chasse dispose d'équipements technologiques «de pointe», dont des radars polyvalents. L'appareil a été testé avec succès et une démonstration de vol a été diffusée par certains médias officiels.

La télévision d'Etat a montré, à l'occasion de la journée nationale de l'Industrie de la Défense, le président Hassan Rohani assis dans le cockpit de l'avion baptisé «Kowsar».

«Quand je parle de notre aptitude à nous défendre, cela signifie que nous cherchons une paix durable», a fait valoir M. Rohani, s'exprimant dans le cadre de la parade militaire organisée dans la capitale iranienne.

«Certains pensent que lorsqu'on accroît sa force militaire, c'est qu'on cherche la guerre. Mais nous cherchons plutôt la paix et nous ne voulons pas la guerre», a t-il poursuivi dans ce discours télévisé.

«Si nous n'avons pas de moyens de dissuasion, cela donnera un feu vert aux autres pour entrer dans ce pays», a-t-il encore argué.

«A moindre coût»

Rohani, président depuis cinq ans et en difficulté sur la plan intérieur, a réaffirme que l'Iran devait faire preuve de retenue et en même temps de dissuasion, dans une apparente allusion à ses opposants radicaux, qui adoptent un ton plus guerrier vis-à-vis des Etats-Unis.

«Avec quelques phrases, on peut commencer un combat. Avec quelques actes militaires on peut entrer en confrontation, mais ça sera coûteux», a-t-il averti, plaidant pour une protection du pays «à moindre coût».

Le ministre de la Défense Amir Hatami avait annoncé la tenue de cet évènement samedi dernier, affirmant que son pays cherchait à améliorer ses capacités balistiques pour répondre aux «menaces» d'Israël et des Etats-Unis, ses ennemis jurés.

«Nos ressources sont limitées», mais «nous mettons à niveau nos missiles en fonction des menaces et des actions de nos ennemis, comme moyen de dissuasion ou de riposte dévastatrice», avait-il dit.

Les déclarations iraniennes interviennent en pleine tension avec l'administration du président américain Donald Trump, régulièrement soupçonnée de caresser l'espoir d'un changement de régime en Iran.

Arrivé au pouvoir en 2017, Trump a décidé en mai dernier de se retirer de l'accord nucléaire de 2015 entre l'Iran et les grandes puissances. Le 7 août, il a unilatéralement rétabli des sévères sanctions à l'encontre de l'Iran, notamment des blocages sur les transactions financières et les importations de matières premières.

Une nouvelle salve de sanctions touchant le secteur des hydrocarbures est prévue en novembre afin d'accroître la pression sur Téhéran. Des analystes estiment que les ventes de brut iranien pourraient baisser de 700.000 barils par jour par rapport à leur niveau actuel qui est de 2,3 millions de barils par jour.

«Groupe de travail»

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a annoncé jeudi dernier la création d'un «groupe de travail sur l'Iran» destiné à faire respecter les sanctions économiques américaines contre Téhéran, au risque de sanctions «secondaires» aux pays qui ne les respecteraient pas.

Malgré les sanctions, M. Trump a dit qu'il restait «ouvert» à un «accord plus global qui concernerait l'ensemble des activités néfastes (de l'Iran), y compris son programme balistique et son soutien au terrorisme».

Le 13 août, le guide suprême iranien, Ali Khamenei, a lui affirmé qu'il n'y aurait ni guerre ni négociations avec les Etats-Unis, les problèmes de son pays étant le résultat d'une mauvaise gestion du gouvernement plutôt que du rétablissement des sanctions. Face aux sanctions, plusieurs entreprises internationales ont toutefois commencé à quitter l'Iran.

Le géant pétrolier français Total, qui avait déjà prévenu qu'il lui serait impossible d'y rester sans une dérogation de la part des autorités américaines, s'est officiellement désengagé de ses projets d'investissements de plusieurs milliards de dollars, a annoncé lundi Téhéran.

Les Etats-Unis souffrent «d'une addiction aux sanctions», avait dénoncé quelques heures plus tôt le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, dans une interview diffusée par CNN. (afp/nxp)

Créé: 21.08.2018, 10h31

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