Trump prend des risques sur Jérusalem

MondeLe président américain pourrait décider de reconnaître Jérusalem comme la capitale d’Israël.

Daniel Kurtzer,
Ancien ambassadeur des Etats-Unis en Israël

Daniel Kurtzer, Ancien ambassadeur des Etats-Unis en Israël

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Donald Trump songeait sérieusement lundi soir à devenir le premier président américain à reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël. Cette décision, dont l’annonce est attendue pour mercredi et qui compliquerait la tache de Jared Kushner, le gendre de Donald Trump, pour tenter de débloquer le processus de paix au Proche-Orient, fait déjà des vagues à l’extérieur des États-Unis. Ayman Safadi, le ministre jordanien des Affaires étrangères, a prévenu dimanche Rex Tillerson, le secrétaire d’État américain, des conséquences néfastes que pourrait avoir une telle décision dans le monde arabe.

La démarche de Donald Trump, qui a aussi déjà été dénoncée par les Palestiniens, est dictée par des impératifs de politique intérieure. «Donald Trump tente de remplir une promesse qu’il avait faite pendant la campagne électorale de 2016», rappelle Daniel Kurtzer, ancien ambassadeur des États-Unis en Israël sous George W. Bush. «Ses conseillers ont dû lui dire que ce déménagement de l’ambassade n’était pas sage, et il pourrait donc annoncer un compromis.»

Une loi américaine, adoptée en 1995 lorsque Bill Clinton était à la Maison-Blanche, reconnaît déjà Jérusalem comme la capitale de l’État hébreu, rappelle Daniel Kurtzer. Un moratoire qui doit être renouvelé tous les six mois par le président des États-Unis gèle cependant depuis cette époque le transfert de l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem pour des raisons de sécurité nationale. «Ces derniers mois, Donald Trump a été soumis à une forte pression de la part de la communauté juive conservatrice aux États-Unis ainsi que de l’électorat évangélique», poursuit l’ancien diplomate. «Le vice-président, Mike Pence (ndlr: qui doit se rendre en Israël ce mois-ci), s’est notamment investi en faveur du déménagement de l’ambassade des États-Unis à Jérusalem.»

Depuis son arrivée à la Maison-Blanche en janvier, Donald Trump a d’abord adopté une posture beaucoup plus pro-Israël que celle de l’administration Obama. La relation entre l’administration Trump et le gouvernement du premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, s’est néanmoins quelque peu refroidie ces derniers mois. Selon une source diplomatique relayée par plusieurs médias, Donald Trump aurait affirmé en septembre à Antonio Guterres, le secrétaire général des Nations Unies, que Benjamin Netanyahou était «un plus gros» obstacle pour la paix que Mahmoud Abbas, un président de l’Autorité palestinienne qualifié lui aussi de «problématique» par Donald Trump. Dans le contexte des efforts de la Maison-Blanche pour trouver un accord de paix au Proche-Orient, «il est difficile de trouver une justification» à une reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël, selon Daniel Kurtzer. «Au niveau diplomatique, ce serait la goutte qui fait déborder le vase pour des Palestiniens», conclut l’ancien diplomate. «Les États-Unis perdraient leur rôle de médiateur dans le processus de paix.» Jean-Cosme Delaloye New York (24 heures)

Créé: 04.12.2017, 21h18

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