Un centre afghan de médias honoré à Genève

Liberté de la presseLe prix de l'ONG Presse Emblème Campagne (PEC) a été remis ce jeudi à Genève au Centre des journalistes d'Afghanistan, un des deux pays les plus meurtriers au monde pour les médias.

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Photo d'illustration. Image: Keystone

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L'Afghanistan partage avec le Mexique le record de travailleurs de médias tués en 2018. Le directeur exécutif du Centre des journalistes d'Afghanistan (AFJC), Ahmad Quraishi, a reçu jeudi à Genève le prix de l'ONG Presse Emblème Campagne (PEC).

Dans ce pays, «la liberté de la presse est en jeu. Les groupes terroristes sont une menace permanente pour les civils et les journalistes», a déclaré devant la presse le secrétaire général de la PEC Blaise Lempen. Après les 17 victimes de 2018, sept journalistes ont été tués depuis le début de l'année.

L'AFJC, établi en 2009, défend «la sécurité des journalistes dans une zone de conflit très dangereuse» et «se bat pour préserver la liberté de la presse» en Afghanistan, a affirmé le secrétaire général. La PEC appelle les autorités à renforcer la protection des journalistes avec l'aide de la communauté internationale. Elle demande de lutter «plus fermement» contre l'impunité«.

De son côté, Ahmad Quraishi relève que les talibans, les djihadistes de l'Etat islamique (EI) et des acteurs officiels ou criminels constituent une menace et «une crainte permanentes pour les journalistes». Les deux premiers ont perpétré près de 70% des assassinats. Alors que dans 93% des cas, selon l'AFCJ, les responsables n'ont pas été poursuivis, le centre demande que la loi soit renforcée.

Tout accord entre Etats-Unis et talibans devrait garantir les libertés fondamentales, selon son directeur qui a appelé la communauté internationale à établir un mécanisme pour soutenir les centaines de médias dans son pays. En mai dernier, la journaliste afghane Mena Mangal a été assassinée. La PEC salue le travail des femmes journalistes et défenseuses des droits humains en Afghanistan.

Appel de Berne

Un hommage encore lancé par l'ambassadeur afghan auprès de l'ONU à Genève, Nasir Andisha, qui a relevé le rôle de l'ensemble des journalistes afghans pour faire en sorte que les acteurs dans ce pays «rendent des comptes». Au total selon les estimations de l'AFJC, jusqu'à 25% de quelque 10'000 travailleurs des médias afghans sont des femmes.

Les lois et la volonté des responsables politiques pour leur protection se sont étendues ces dernières années, a expliqué de son côté Nasir Andisha. Récemment, plusieurs journalistes ont été enlevés, avant d'être relâchés deux jours plus tard.

Remis chaque année, le prix de la PEC est soutenu par le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE). Le travail de l'AFJC est «crucial», affirme la coordinatrice adjointe de la diplomatie suisse pour l'Asie du Sud, Caroline Trautweiler.

Elle a souhaité que les Etats membres de l'ONU participent tous dans les prochaines semaines à New York aux discussions qui doivent aboutir à une résolution pour la sécurité des journalistes. Depuis le début de l'année, dans le monde, près de 60 journalistes ont été tués. (ats/nxp)

Créé: 20.09.2019, 16h58

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