Une base de l'ONU envahie et incendiée

RD CongoVives tensions à Beni, dans l'est de la RDC où des manifestants s'en prennent à une base de l'ONU, après le massacre de civils.

Violences à Beni, après le massacre de dizaines de civils.

Violences à Beni, après le massacre de dizaines de civils. Image: DR/twitter

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Des émeutiers ont envahi et mis le feu à un camp de l'ONU lundi à Beni, dans l'est de la République démocratique du Congo, où les habitants dénoncent un nouveau massacre de civils attribué au groupe armé des ADF et l'«inaction» des Casques bleus.

Une base civile de la Mission des Nations unies au Congo (Monusco) a été envahie et partiellement incendiée par des manifestants qui demandent le départ de la plus ancienne et la plus chère mission de maintien de la paix de l'ONU, a constaté un correspondant de l'AFP.

«Des maisons du personnel des Nations unies ont été attaquées et vandalisées», avait indiqué auparavant une porte-parole de la Monusco jointe par l'AFP. La Monusco a annoncé une réunion de crise en début d'après-midi.

Avant l'irruption des manifestants, deux hélicoptères des Nations unies s'étaient brièvement posés à l'intérieur de cette base dans le quartier Boikene, avant de repartir aussitôt, a constaté le correspondant de l'AFP.

Tirs à balles réelles

Les forces de sécurité congolaises ont tiré dans la matinée à balles réelles, procédant le plus souvent à des tirs de sommation, pour tenter de contenir les manifestants à proximité du camp onusien et d'un autre à proximité, selon la même source.

Au moins un manifestant et deux policiers ont été blessés, selon le correspondant de l'AFP sur place.

En visite à Paris, la présidente du Parlement congolais, Jeanine Mabunda, s'est publiquement interrogée sur le rôle de la Monusco, estimant que la mission, d'un coût proche d'un milliard de dollars par an, «ne pouvait pas rester sans fin».

«Il y a un malaise entre la présence, le coût de la Monusco en RDC, et les résultats obtenus», a déclaré à l'AFP Mme Mabunda, jugeant «légitime que les populations se demandent pourquoi cette force persiste en RDC». Avant de s'attaquer au camp onusien à Beni, des manifestants avaient incendié la mairie dans cette ville, qui a été partiellement détruite, selon le correspondant de l'AFP.

Lutte anti-Ebola menacée

C'est à Boikene, quartier nord à l'entrée de Beni, que huit civils ont été tués dans la nuit de dimanche à lundi dans une nouvelle attaque attribuée au groupe ultra-violent des Forces démocratiques alliées (ADF), ont indiqué plusieurs sources.

Au total 77 civils ont été tués depuis le 5 novembre à Beni et ses environs, dans le Nord-Kivu, selon le Groupe d'Etude du Congo (GEC) de l'Université de New York.

Il s'agit, selon les experts, de représailles des ADF après les opérations militaires annoncées contre leurs bases le 30 octobre par l'armée congolaise.

Les manifestants dénoncent depuis plusieurs jours l'inaction de l'armée et des Casques bleus, présents dans la région, face aux tueries des ADF. Un manifestant a été tué samedi à Beni lors de la dispersion d'une marche par la police.

La Monusco se défend des accusations en soulignant que l'armée congolaise a lancé ses opérations contre les ADF de manière unilatérale.

«On ne peut pas participer aux opérations des Fardc (ndlr: l'armée congolaise) si les Fardc ne nous invitent pas à y participer», a déclaré dimanche le représentant spécial adjoint du Secrétaire général de l'ONU en RDC, François Grignon.

Les volontaires des ONG présents à Beni ont été invitées à rester confinés chez eux ce lundi, «à l'abri des angles de tirs et loin de fenêtres et des portes», a-t-on appris de source humanitaire.

La lutte contre l'épidémie d'Ebola, qui sévit dans la région de Beni, est interrompue depuis vendredi.

«La situation à Beni empêche nos équipes de travailler. Les activités de la riposte sont toujours en veilleuse parce que les agents ne peuvent pas sortir», a déclaré à l'AFP le coordonateur de la riposte, le docteur Jean-Jacques Muyembe.

Danger sanitaire

Les autorités sanitaires s'inquiètent d'une possible reprise des cas de contamination, en nette diminution ces dernières semaines.

«Il y a un risque en ce sens que les malades ne sont pas suivis», a détaillé le professeur Muyembe.

A l'origine, les ADF sont des rebelles ougandais musulmans hostiles au président Yoweri Museveni, qui se sont repliés dans l'est de l'actuelle RDC en 1995.

Ils ont évolué depuis, vivent repliés en autarcie et en famille dans la forêt et la jungle autour de Beni, terrorisent les populations et pillant les magasins et le bétail.

Des familles à Beni ont été endeuillées dimanche par le crash d'un petit avion à son décollage à Goma, également dans l'est de la RDC, alors qu'il devait rejoindre Beni.

L'accident a fait 29 morts.

(ats/nxp)

Créé: 25.11.2019, 15h05

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