Les USA ne veulent pas d'un sommet avec Maduro

Diplomatie Mercredi à Genève, le Venezuela a suggéré la tenue d'un sommet entre son président et le président américain sur le sol helvétique. Une proposition qui a été sèchement rejetée.

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Le régime vénézuélien de Nicolas Maduro a tenté une ouverture à Genève en proposant un sommet avec le président américain Donald Trump, que Caracas voyait bien en Suisse. Outre le rejet de ce scénario, Washington a boycotté avec d'autres un discours de ce pays.

Le Venezuela est «ouvert au dialogue» avec les Etats-Unis, a affirmé mercredi devant le Conseil des droits de l'homme le ministre des Affaires étrangères Jorge Arreaza. Avant de proposer une rencontre directe entre les deux chefs d'Etat pour tenter de désamorcer les tensions des derniers jours autour du blocage de l'assistance humanitaire.

Après cet appel, il avait ensuite affirmé à Keystone-ATS voir cette réunion possible en Suisse. «Toute aide sera bien accueillie. En particulier celle d'Etats neutres comme la Suisse», avait-il dit. Le conseiller fédéral Ignazio Cassis avait à nouveau fait part lundi de l'offre suisse de bons offices dans cette crise politique et économique mais avait ajouté ne pas avoir reçu formellement de demande.

Mercredi, après l'annonce de Jorge Arreaza, la réaction de Washington s'est fait attendre à peine plus d'une heure, quelques dizaines de mètres plus loin. M. Trump est «prêt à rencontrer le président légitime du Venezuela et celui-ci est Juan Guaido», a asséné devant la presse l'ambassadeur américain à la Conférence du désarmement (CD) Robert Wood.

Il a qualifié de «jour historique» et de «message» en faveur du président autoproclamé, adoubé par plusieurs dizaines de pays, les mouvements de protestations observés au moment des discours vénézuéliens aussi bien au Conseil qu'à la CD. Avec d'autres, lui-même a quitté la salle du désarmement.

Actions latino-américaine ou encore européenne

Et une action similaire a été menée au Conseil, dont les Etats-Unis se sont retirés l'année dernière, par une vingtaine de pays latino-américains et d'autres régions qui soutiennent M. Guaido. Les pays de l'UE, divisés sur la légitimité du président autoproclamé, n'étaient eux pas représentés par leur ambassadeur lors du discours de Jorge Arreaza.

Tout comme la Suisse mais celle-ci n'a pas participé à ce mouvement de protestation. Elle ne prend pas partie entre les deux camps et reconnaît des Etats, pas des gouvernements. L'ambassadeur Valentin Zellweger était retenu pour d'autres obligations, a affirmé la porte-parole de la mission suisse auprès de l'ONU à Genève, Paola Ceresetti.

Sur le fond, le ministre vénézuélien a dit que son pays ne rejetait pas une assistance humanitaire, même des Etats-Unis, mais «pas par la force». Il dit que celle-ci doit plutôt être acheminée par l'ONU et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Il a malgré tout à nouveau démenti toute crise humanitaire dans son pays et renvoyé la responsabilité aux sanctions américaines.

Des allégations contestées par Washington. Face à la volonté de M. Guaido de rentrer depuis la Colombie dans son pays, l'ambassadeur Wood s'est fait plus menaçant à l'égard du régime. Il a laissé entendre que le scénario militaire restait sur la table et que «si quelque chose devait arriver» au président autoproclamé, Nicolas Maduro «serait rendu responsable».

Pas comme la Corée du Nord

Les tensions liées à l'assistance humanitaire ont fait des dizaines de victimes. Des centaines de militaires ont aussi décidé de fuir vers la Colombie.

L'ambassadeur américain à la CD n'a pas souhaité comparer le régime vénézuélien à la Corée du Nord, pays dont le dirigeant Kim Jong-un rencontrait mercredi M. Trump à Hanoï et qui pourrait bénéficier de possibilités économiques en cas de dénucléarisation. Il s'en est en revanche également pris à l'Iran et la Russie.

Il a qualifié le discours iranien à la CD «d'absurde, par un régime absurde». Il a également exprimé des doutes sur la volonté de Moscou de contribuer au maintien du traité sur les forces nucléaires de portée intermédiaire (INF) suspendu par son pays.

Les tensions avec la Russie sont également importantes sur le Venezuela. Mardi, les Etats-Unis avaient affirmé qu'ils souhaitaient un vote du Conseil de sécurité de l'ONU sur l'acheminement de l'aide humanitaire. Mais la résolution devrait s'exposer à un veto d'un allié de Nicolas Maduro, la Russie. (ats/nxp)

Créé: 27.02.2019, 15h32

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Le texte américain appelle à des élections présidentielles «libres, justes et crédibles» et à des «livraisons d'aide humanitaire sans entraves» au Venezuela. Il devrait s'attirer un veto de la Russie (voire de la Chine) qui a également appelé à un vote dans la foulée sur un texte de résolution concurrent, rejetant les menaces de recourir à la force et soulignant la première responsabilité du gouvernement vénézuélien pour toute aide internationale apportée au pays.

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