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«L’accord sur le climat joue son avenir en Pologne»

La COP24 se réunit au début de décembre à Katowice pour mettre en œuvre les promesses faites à Paris. Mission impossible?

François Rivasseau
François Rivasseau
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«Mais non, l’accord de Paris sur le climat n’est pas du tout mort, bien au contraire! Malgré le retrait annoncé des États-Unis, les pays signataires représentent encore 89% des émissions de gaz à effet de serre. Ce n’est pas le moment de céder au pessimisme!» On l’aura compris, l’ambassadeur français François Rivasseau refuse tout fatalisme. Il l’a dit sans détour, mercredi, lors d’un débat organisé au Club suisse de la presse, à Genève. Dans dix jours s’ouvre à Katowice, en Pologne, la 24e Conférence annuelle (COP24) de la convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques. L’enjeu? Décider comment seront mis en pratique les engagements pris il y a trois ans au Bourget.

«L’accord de Paris, c’est notre principal outil pour limiter à 2 °C le réchauffement planétaire, rappelle le diplomate. Pour l’instant, nous n’en prenons pas le chemin et c’est très préoccupant. Mais il y a des raisons d’espérer. La Chine a augmenté de 30% les investissements dans les énergies renouvelables. Leur prix baisse un peu partout. Une véritable économie est née, qui génère des millions d’emplois! C’est une course contre la montre, un défi que l’humanité peut et doit relever!»

À ses côtés, l’ambassadeur polonais Zbigniew Czech affiche la même ambition, mais avec «réalisme», précise-t-il. «Il y a trois ans à Paris, c’était le triomphe du multilatéralisme. En 2018, malheureusement, la donne mondiale est différente. Nous ne surfons plus sur une vague d’optimisme diplomatique et de coopération internationale. Aujourd’hui, nombre de pays semblent se sentir moins concernés par l’urgence climatique. Pourtant, sans succès à Katowice, l’accord de Paris sera un échec! Heureusement, la préconférence tenue à Cracovie nous a donné l’impression qu’il y avait une volonté d’aller de l’avant et de passer à un programme de travail concret et vérifiable. Et je vous assure que la Pologne, État hôte, fera de son mieux pour faciliter la tâche des négociateurs.»

«Le vrai danger, à Katowice, c’est d’aboutir à un texte de compromis tellement faible que nous ne réussirions pas à respecter la cible des 2 °C maximum fixée dans l’accord de Paris», lance pour sa part l’ambassadeur suisse Franz Xaver Perrez. «Je suis très préoccupé. Le problème, à ce stade, ce n’est pas les États-Unis. La Maison-Blanche a décidé de se retirer, mais nombre d’États régionaux restent très actifs. Et par ailleurs, Washington n’a pas franchement été suivi par les autres capitales. Au contraire, on a serré les coudes. L’enjeu actuel, c’est de ne pas céder devant les principaux émetteurs de gaz à effet de serre qui restent signataires mais réclament davantage de flexibilité. Tous les pays doivent être logés à la même enseigne, il faut éviter de fragiliser l’accord de Paris!»

«Une chose que j’ai apprise à Paris, poursuit le diplomate helvétique, c’est qu’il ne faut pas chercher un compromis pour satisfaire tous les intérêts nationaux, mais plutôt s’efforcer de trouver la solution ambitieuse à laquelle aucun État n’osera s’opposer en public. La présidence polonaise aura fort à faire pour faciliter la négociation d’un bon accord en si peu de temps et alors que tellement de textes sont encore sur la table!» «En tout cas, c’est encore possible!» martèle pour sa part Elena Manaenkova, secrétaire générale adjointe de l’Organisation météorologique mondiale. «Si nous arrêtions maintenant d’émettre des gaz à effet de serre, le réchauffement se limiterait à 1,5 °C. Donc ce n’est pas trop tard. Mais il faut agir très vite! L’accord de Paris n’est pas mort, il n’est qu’au début de sa vie!»

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