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Un accord «solide» mais le plus dur reste à faire

Un accord sur le nucléaire iranien a été signé dimanche à Genève. cependant les experts s'accordent à dire que «d'énormes difficultés persistent».

Les grandes puissances et l'Iran ont annoncé être parvenus à un accord dimanche à Genève.
Les grandes puissances et l'Iran ont annoncé être parvenus à un accord dimanche à Genève.
AFP

L'accord intérimaire avec l'Iran sur son programme nucléaire était qualifié dimanche de «solide» par des experts à Washington, mais ces derniers soulignaient que le plus dur restait à faire dans les six mois à venir.

Après d'âpres négociations, les grandes puissances et l'Iran ont annoncé être parvenus à un accord au terme duquel la république islamique acceptera de limiter son programme nucléaire en échange d'un allègement des sanctions économiques, ouvrant une nouvelle période de pourparlers sur le fond pendant six mois.

Accord plus ambitieux

«L'accord intérimaire est solide, il établit une gamme plus importante de contraintes et de vérifications sur le programme nucléaire iranien que ce qui avait été envisagé auparavant», assure Suzanne Maloney, spécialiste de l'Iran à l'institut Brookings de Washington. Pour elle, ce marché lie «Téhéran à un processus diplomatique dont les récompenses principales ne seront pas obtenues tant qu'un accord bien plus ambitieux n'aura pas été scellé».

Partis d'une lettre du président Barack Obama à son homologue Hassan Rohani en juin et passés par une première rencontre entre le secrétaire d'Etat John Kerry et le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif, les petits pas entre Etats-Unis et Iran, ennemis depuis une génération, ont enfin abouti à un accord au terme de trois rounds de négociations, dans la nuit de samedi à dimanche à Genève.

Accord sans précédent

«Je pense que ces pourparlers ont été musclés, efficaces et significatifs», permettant d'établir que «les négociateurs doivent avoir une discussion de grande ampleur avec l'Iran sur la totalité de son programme nucléaire», observe Joel Rubin, responsable du groupe de réflexion Ploughshares Fund.

Pour M. Rubin, l'accord a permis de «faire reculer l'horloge» alors que le monde tente d'empêcher l'Iran d'atteindre la capacité à déployer une arme nucléaire. Pour lui, il est «sans précédent» que l'Iran ait accepté des inspections quotidiennes de ses usines nucléaires de Natanz et Fordo, ainsi que d'arrêter ses travaux sur le réacteur d'Arak.

Mais à l'instar du président Obama, qui a prévenu samedi soir que «d'énormes difficultés persistent» dans ce dossier, les spécialistes de l'Iran ont mis en garde contre l'ambition d'une «solution complète». Pour Kenneth Pollack, également de la Brookings, il est «plausible» que l'Iran et les grandes puissances parviennent à cet objectif, mais «il nous faut reconnaître que cette étape risque d'être bien plus difficile que l'accord qui vient d'être négocié». «Les concessions que les deux parties devront effectuer seront bien plus douloureuses», selon lui.

Désaccord sur le droit à l'enrichissement

L'un des écueils pourrait être l'enrichissement d'uranium, étape nécessaire à l'élaboration d'une bombe nucléaire. L'Iran a assuré samedi que son droit à un tel processus n'était pas en cause dans l'accord, assertion immédiatement repoussée par la Maison Blanche. «Si l'Iran campe sur ses positions, dont son +droit+ à enrichir et l'abrogation de +toutes+ les sanctions, une telle solution pourrait s'avérer impossible à atteindre», prévient M. Pollack.

La colère manifestée par Israël vis-à-vis de l'accord de Genève et la volonté répétée dès samedi par des élus du Congrès américain d'imposer davantage de sanctions à Téhéran pourraient aussi faire échouer le processus.Trita Parsi, président du «Conseil national irano-américain», remarque que cet accord a été obtenu «parce que les deux parties ont fait des compromis et compris que tout le monde devait gagner quelque chose pour qu'un marché soit possible et durable». «Les deux parties ont laissé de côté les pressions et l'escalade, et préféré un compromis. C'est l'essence de la diplomatie», commente-t-il dans un communiqué.

La concomitance de plusieurs facteurs, dont l'élection de M. Rohani et les effets de plus en plus sensibles des sanctions en Iran, a ouvert «une fenêtre» pour un accord, selon M. Rubin.Les négociations à venir vont toutefois «être un défi à tous les sentiments, les conceptions, les idéologies et les émotions qui se sont cristallisés aux Etats-Unis, en Occident et en Israël depuis des décennies. Cela va être très très dur», prévient-il.

(AFP)

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