DiplomatieAccord historique signé à Genève sur le nucléaire iranien
Après cinq jours de négociation difficile, un accord préliminaire a été conclu dans la nuit de samedi à dimanche sur le nucléaire iranien. Israël dénonce un mauvais accord.
L'Iran et les grandes puissances ont scellé dimanche un premier accord historique pour contenir le programme nucléaire de Téhéran, tout en soulignant qu'il ne s'agissait que d'une «première étape» franchie. Après cinq jours d'âpres négociations, les grandes puissances et l'Iran ont annoncé être parvenus à un accord au terme duquel la république islamique acceptera de limiter son programme nucléaire en échange d'un allègement des sanctions économiques, ouvrant une nouvelle période de pourparlers sur le fond pendant six mois.
L'accord a été qualifié de «succès» par le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei et de «première étape importante» par le président des Etats-Unis Barack Obama. «Il n'y a pas de perdant, tout le monde gagne», a dit le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, tandis que pour son homologue chinois, Wang Yi, «cet accord va contribuer à maintenir le programme international de non-prolifération nucléaire (et) sauvegarder la paix et la stabilité au Moyen-Orient».
Le président français François Hollande y a vu, comme Barack Obama, «une étape vers l'arrêt du programme militaire nucléaire iranien». «Il faut remercier l'équipe de négociateurs nucléaires pour cet acquis», a salué le guide suprême iranien. «La grâce de Dieu, les prières et le soutien de la population sont sans doute la raison de ce succès», a-t-il dit.
Contraintes et vérifications
Cet accord constitue une avancée, pour les experts, car il établit une gamme plus importante de contraintes et de vérifications sur le programme nucléaire iranien, même s'il laisse une part d'ambiguïté qui permet des interprétations divergentes. «Dans l'accord, le droit à l'enrichissement d'uranium sur le sol iranien a été accepté», a ainsi déclaré le président iranien Hassan Rohani.
Le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, a lui pris le contre-pied de la position iranienne : l'accord «ne dit pas que l'Iran a le droit à l'enrichissement, quoiqu'en disent certains commentaires en l'interprétant», a-t-il assuré.Le droit à l'enrichissement d'uranium n'est pas mentionné dans le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) dont l'Iran est signataire. C'est la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton qui a été chargée d'annoncer cet accord «sur un plan d'action», entourée du ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif et des six chefs de la diplomatie du groupe 5+1 (États-Unis, Chine, Russie, Royaume-Uni, France et Allemagne).
A Washington, le président Barack Obama a assuré que cet accord «barre le chemin le plus évident» de la république islamique vers une bombe atomique.Il a pris soin de souligner les «énormes difficultés» persistant dans ce dossier qui empoisonne la communauté internationale depuis une décennie.
Mauvais accord pour Israël
Les sanctions «les plus sévères continueront d'être appliquées», a-t-il dit, exhortant le Congrès à s'abstenir d'adopter de nouvelles mesures punitives contre Téhéran. «Nous avons mis en place une commission conjointe pour surveiller la mise en place de notre accord», a précisé le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, souhaitant pouvoir «avancer d'une manière qui puisse rétablir la confiance».
Les Occidentaux et Israël soupçonnent Téhéran de dissimuler un volet militaire derrière son programme civil, ce qu'il nie. Cette question est au coeur des inquiétudes des pays occidentaux et d'Israël, qui craignent que l'uranium enrichi à 20% soit utilisé par l'Iran pour obtenir de l'uranium à 90% pour un usage militaire, malgré les dénégations de Téhéran. L'Iran affirme que cet uranium est destiné à son réacteur de recherche et à des fins médicales.
M. Kerry, parrain de la reprise des négociations directes israélo-palestiniennes, a également voulu rassurer Israël, en assurant qu'un accord nucléaire «complet rendra le monde (...) les partenaires de la région et l'allié Israël plus sûrs».
Mais la réaction de l'Etat hébreu ne s'est pas fait attendre: le Premier ministre Benjamin Netanyahu a dénoncé dans cet accord «une erreur hisotrique» après que son bureau a évoqué un «mauvais accord qui offre exactement ce que l'Iran voulait: la levée significative des sanctions et le maintien d'une partie significative de son programme nucléaire».
«On peut s'interroger sur les réactions dans le monde lorsqu'on voit Laurent Fabius (le ministre français des Affaires étrangères) lever le pouce en signe de victoire après la conclusion de cet accord alors qu'aucune centrifugeuse ne sera démantelée», a déploré le ministre israélien des Finances, Yaïr Lapid.
Les cinq jours de négociations se sont déroulés dans un grand hôtel de Genève. Diplomates et experts du 5+1 y ont négocié à partir de mercredi -- après un échec près du but début novembre -- avant d'être rejoints par leurs ministres.
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