Une adolescente poignardée lors de la Gay Pride à Jérusalem

Proche-OrientUne adolescente israélienne de 16 ans a succombé dimanche à ses blessures après avoir été poignardée par un extrémiste juif lors de la Gay Pride à Jérusalem. Benjamin Netanyahu a promis la «tolérance zéro».

La Gay Pride de Jérusalem a tourné au cauchemar pour les participants. Ici, l'un d'eux sous le choc.(Dimanche 2 août 2015)

La Gay Pride de Jérusalem a tourné au cauchemar pour les participants. Ici, l'un d'eux sous le choc.(Dimanche 2 août 2015) Image: AFP

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Jeudi soir, un colon ultra-orthodoxe, Yishaï Shlissel, se ruait sur le défilé de la Gay Pride et blessait six personnes à coups de couteau. Parmi elles, une jeune femme de 16 ans admise à l'hôpital «dans un état critique» est décédée dimanche en soirée. Elle avait reçu plusieurs blessures.

Sa famille a dénoncé dimanche ces violences. La police a annoncé le lancement d'une commission chargée d'examiner comment cette attaque a pu avoir lieu. Des centaines de personnes se sont elles réunies en soirée non loin du lieu où l'adolescente avait été visée.

Vendredi matin, un bébé de 18 mois était brûlé vif dans l'incendie de sa maison dans le nord de la Cisjordanie occupée par d'autres extrémistes, présentés par les Palestiniens comme des colons. Ses deux parents et son frère de quatre ans sont «entre la vie et la mort» dans des hôpitaux israéliens.

Ces deux attaques ont provoqué la consternation et une volée de critiques en Israël et dans les Territoires palestiniens, comme à l'étranger. De l'opposition israélienne à l'ONU en passant par les Palestiniens, tous ont dénoncé des violences rendues possibles par «l'impunité» dont jouissent, selon différentes ONG, les colons et autres activistes d'extrême droite.

Détention sans charge

Face aux pressions, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a promis dimanche matin la «tolérance zéro». Son ministre de la Défense Moshé Yaalon a autorisé la mise en détention administrative, c'est-à-dire sans charge et pour une durée illimitée, d'extrémistes juifs.

Cette mesure, habituellement réservée aux Palestiniens, pourrait donner aux enquêteurs le temps de réunir les preuves nécessaires à un procès, expliquent les médias.

Selon les commentateurs, le système policier et judiciaire est en panne avec ces extrémistes. M. Shlissel venait de purger 10 ans de prison pour une attaque similaire qui avait fait trois blessés lors de la Gay Pride de Jérusalem en 2005 et il s'était répandu en déclarations homophobes dans les médias et sur les réseaux sociaux avant sa nouvelle attaque.

Les auteurs de l'incendie de la maison en Cisjordanie, trois jours après les faits, sont eux toujours en fuite et les Palestiniens placent peu d'espoir dans le gouvernement israélien. Les partisans de la colonisation et de la droite nationaliste et religieuse ont la haute main sur ce cabinet.

Armée visée par Abbas

Des échauffourées entre Palestiniens et armée et colons israéliens ont secoué vendredi et samedi la Cisjordanie, puis dimanche Jérusalem-Est. Un jeune Palestinien a succombé samedi à ses blessures.

Selon l'ONG israélienne Yesh Din, 85,3 % des plaintes de Palestiniens contre des colons sont classées sans suite.

Le président palestinien Mahmoud Abbas a d'ailleurs raillé vendredi les méthodes de l'armée israélienne. «Elle les garde une heure pour une enquête, puis les relâche et ils peuvent reprendre leurs attaques».

Ces attaques sont selon lui le «résultat direct» de la «politique de colonisation menée par Israël» qui a conduit à l'établissement au total d'environ 400'000 colons en Cisjordanie et 200'000 autres à Jérusalem-Est, occupée et annexée.

Netanyahu ciblé

Les responsables de la sécurité disent eux qu'il est difficile d'infiltrer ces petits groupes qui n'utilisent pas de téléphone portable, restent muets durant leurs interrogatoires et reçoivent visiblement des consignes sur le comportement à adopter face aux forces de l'ordre.

Mais le chef de l'opposition de centre-gauche Isaac Herzog a estimé que «lorsque l'Etat le veut, il peut lutter contre le terrorisme». L'ancien président Shimon Peres a dénoncé indirectement la responsabilité de M. Netanyahu, devant un rassemblement samedi à Tel-Aviv.

«Celui qui incite à la haine contre les Arabes d'Israël, qu'il ne s'étonne pas lorsqu'on incendie des églises, des mosquées et qu'à la fin on brûle un bébé dans la nuit, «a-t-il dit. Des déclarations de campagne de M. Netanyahu sur les Arabes israéliens avaient provoqué un tollé en mars. (ats/nxp)

Créé: 02.08.2015, 22h02

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