Affaire Karachi: non-lieu requis pour Sarkozy

FranceLe parquet de Paris a requis un non-lieu dans l'enquête qui visait à déterminer si Nicolas Sarkozy s'était rendu complice d'une violation du secret de l'instruction.

Nicolas Sarkozy.

Nicolas Sarkozy. Image: Reuters

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Le parquet de Paris a requis le 27 mai un non-lieu dans l'enquête qui visait à déterminer si Nicolas Sarkozy s'était rendu complice d'une violation du secret de l'instruction, alors qu'il était à l'Elysée, dans l'affaire Karachi, a-t-on appris mardi de sources proches du dossier.

En revanche, le parquet de Paris a requis dans la même affaire le renvoi en correctionnelle de Thierry Gaubert pour subornation de témoin, en l'occurrence son ex-épouse, Hélène de Yougoslavie, dans le cadre de l'enquête sur le financement de la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995 où il est mis en examen, ont précisé les sources.

En parallèle à l'enquête sur l'attentat

Cette procédure, où les juges ont renvoyé les protagonistes en procès, mais qui doit être réexaminée par la cour d'appel de Lyon, a été ouverte en parallèle à l'enquête sur l'attentat de Karachi en 2002.

Le 20 septembre 2011, alors que deux proches de Nicolas Sarkozy, Thierry Gaubert et Nicolas Bazire, venaient d'être mis en examen, l'Elysée avait indiqué dans un communiqué que «le nom du chef de l'Etat n'apparaît dans aucun des éléments du dossier» financier.

De nombreuses voix avaient dénoncé une intrusion de l'exécutif dans une procédure judiciaire. Et l'avocat de familles de victimes de l'attentat de Karachi, Me Olivier Morice, avait porté plainte. Après une longue bataille procédurale, la chambre de l'instruction avait autorisé des juges à enquêter, contre l'avis du parquet pour qui les faits étaient couverts par le principe d'«irresponsabilité pénale» du chef de l'Etat.

Pas de pièces transmises

Nicolas Sarkozy et son ancien conseiller presse à l'Elysée, Franck Louvrier, ont été entendus comme témoins assistés et ont fait valoir qu'ils n'étaient pas à Paris le 20 septembre 2011. Selon les réquisitions du parquet, rapportées par une source proche du dossier, Franck Louvrier a expliqué que le communiqué avait pu être rédigé par un conseiller justice de l'Elysée et validé par le secrétaire général ou son adjoint. Les juges se sont tournés en 2014 vers l'Elysée et la Chancellerie pour trouver la trace d'une transmission de pièces du dossier Karachi avant la sortie du communiqué. En vain.

Dans ces conditions, le parquet a requis un non-lieu, même s'il indique que le communiqué «(laisse) à penser que les rédacteurs ont pu avoir accès à des informations ou des documents relatifs à l'information judiciaire en violation du secret de l'enquête». Il appartient maintenant aux juges d'instruction de prendre leur décision.

«Le travail des juges a été extrêmement insuffisant», a déploré Me Morice, qui a précisé avoir demandé d'autres actes d'investigation. A ses yeux, «les réquisitions sont d'une grande complaisance pour l'ancien président».

Non-lieu pour Hortefeux aussi

Le parquet a aussi requis un non-lieu au bénéfice de Brice Hortefeux, l'avocat des familles l'accusant d'avoir révélé des informations sur le dossier d'instruction à Thierry Gaubert. En cause notamment, un appel téléphonique enregistré par la police le 14 septembre 2011, où l'ex-ministre de l'Intérieur s'inquiétait auprès de Thierry Gaubert que son ex-épouse, témoin dans cette enquête, «balan(çait) beaucoup».

En revanche, le parquet estime que les éléments de l'enquête «sont sans ambiguïté sur les manœuvres, pressions, menaces» qu'aurait exercé Thierry Gaubert contre son ancienne épouse pour qu'elle modifie sa déposition.

(afp/nxp)

Créé: 07.06.2016, 19h56

Articles en relation

Des juges réclament une audition de Sarkozy

Affaire Karachi Des juges ont demandé une audition de Nicolas Sarkozy comme témoin assisté dans une affaire de contrats d'armements alors qu'il était ministre du Budget. Plus...

Première plainte visant Sarkozy depuis la fin de son immunité

France Nicolas Sarkozy peut être poursuivi depuis vendredi minuit, ayant cessé ses fonctions présidentielles depuis un mois. Une première plainte émane des parents de victimes d'un attentat à Karachi. Plus...

Un proche de Sarkozy inculpé pour blanchiment

Affaire Karachi Ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, Thierry Gaubert a été inculpé pour blanchiment aggravé dans le dossier judiciaire mêlant un attentat au Pakistan à des soupçons de financement politique illicite. Plus...

L'affaire Karachi rebondit en Suisse

Enquête De l'argent frauduleux déposé sur des comptes en Suisse aurait pu servir à financer la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995. Plus...

Affaire Karachi: le juge s'est fait confirmer l'implication de Sarkozy

Scandale Nicolas Sarkozy, ministre du Budget en 1994, avait validé la création d'une société luxembourgeoise servant à payer des intermédiaires dans des contrats d'armement, selon Libération de lundi. Plus...

Galerie photo

Grandeurs et déboires du quinquennat Sarkozy

Grandeurs et déboires du quinquennat Sarkozy Le chef de l'Etat sortant aura révolutionné la manière de gouverner. Tour d'horizon de ses coups d'éclat et de ses grands ratés.

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.