Quatre soldats américains blessés, les combats continuent

Sud-SoudanLes combats se poursuivaient samedi au Soudan du Sud entre l'armée et les hommes de l'ancien vice-président entré en rébellion.

Le Sud-Soudan connaît une recrudescence de la violence.

Le Sud-Soudan connaît une recrudescence de la violence. Image: AFP

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Alors que le Kenya et l'Ouganda voisins ordonnaient le départ de leurs ressortissants, quatre soldats américains ont été blessés au cours d'une opération d'évacuation aérienne.

Près de la ville de Bor, à 200 km au nord de la capitale Juba, un aéronef américain a été touché par des tirs alors qu'il tentait, sans succès, de se poser pour évacuer des citoyens américains, selon un porte-parole du Pentagone.

Le Pentagone a indiqué que quatre soldats ont été blessés. Ils ont été évacués vers Nairobi, au Kenya, pour y être soignés, selon une source militaire ougandaise.

Depuis le 15 décembre, un conflit armé a éclaté entre l'ancien vice-président Riek Machar et le président sud-soudanais Salva Kiir. Les violences déchirent le plus jeune Etat de la planète, indépendant depuis 2011, après une longue guerre civile contre le Soudan.

Dans la seule ville de Juba, les combats ont fait au moins 500 morts et l'on compte plusieurs dizaines de milliers de personnes déplacées à travers le pays. Mais ce bilan reste très partiel. Bor est la capitale de l'Etat de Jonglei, l'une des régions les plus explosives de la jeune nation.

Le Kenya évacue

Malgré les appels au dialogue, l'option militaire prévalait samedi. Les troupes gouvernementales, appuyées par des hélicoptères, marchaient vers Bor, qui est contrôlée depuis jeudi par les partisans rebelles de Riek Machar, a indiqué le porte-parole de l'Armée populaire de libération du Soudan (SPLA), Philip Aguer.

Il a également souligné que l'Etat-clé d'Unité, producteur de pétrole, était sous le contrôle du gouvernement, précisant cependant qu'il y avait eu des combats pendant la nuit dans Bentiu, capitale de cet Etat. La perte des champs pétrolifères de l'Etat d'Unité serait une lourde défaite pour le gouvernement de Juba.

Après l'Ouganda vendredi, le président kényan Uhuru Kenyatta a décidé d'envoyer des soldats pour «commencer immédiatement l'évacuation des 1600 Kényans se trouvant au Soudan du Sud», a annoncé le porte-parole de la présidence Manoah Esipisu dans un communiqué.

«Malgré le calme relatif à Juba, un certain nombre de villes sud-soudanaises connaissent à nouveau les combats», a-t-il ajouté. Et d'indiquer que les Kényans «sont principalement dans la localité de Bor».

D'autres Kényans, dans les villes de Rumbek, Ayod et Panyabol, «seront également évacués par avion». L'armée kényane a commencé samedi à fournir de l'aide par avion à Juba, selon Esipisu.

Nombreux appels au calme

Face à la recrudescence des violences (une dizaine de civils et deux Casques bleus indiens ont été tués jeudi), l'ONU et les Etats-Unis ont appelé au dialogue. Washington a dépêché vendredi son envoyé spécial dans la région, l'ambassadeur Donald Booth.

Dans une déclaration unanime, mais non contraignante, le Conseil de sécurité a appelé vendredi Salva Kiir et Riek Machar «à lancer un appel à la cessation des hostilités et à l'ouverture immédiate d'un dialogue».

Le ministre éthiopien des Affaires étrangères, Tedros Adhanom, a déclaré, après avoir rencontré vendredi les deux rivaux, que les discussions étaient «très productives». M. Adhanom dirige une délégation de médiation africaine de cinq Etats.

Fuite de Juba

L'ONU a recensé 14 lieux du pays où ont été rapportés des combats, des troubles civils ou des tensions importantes. Les bases de l'ONU au Soudan du Sud hébergeaient vendredi plus de 35'000 personnes, dont 20'000 à Juba, malgré la fin des combats, 1500 à Pibor et 14'000 à Bor.

A Juba, de nombreux habitants, affolés par des tirs intermittents tout au long de la nuit, prenaient d'assaut samedi la station d'autocars pour fuir la capitale, a constaté un photographe de l'AFP. Les étrangers convergeaient vers l'aéroport où plusieurs pays, dont les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, ont envoyé des avions pour évacuer leurs ressortissants. (ats/nxp)

Créé: 21.12.2013, 19h31

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