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Printemps arabeBen Ali renonce à ses avoirs «gelés» en Suisse

Dans une lettre, l'avocat de l'ex-président tunisien déchu écrit aux Affaires étrangères helvétiques. Il y annonce l'autorisation de transférer l'argent en Tunisie.

Le 24 janvier 2011, des manifestants brûlaient le portrait du président tunisien. Le 13 juin 2012, il a été condamné à 20 ans de prison.
Le 24 janvier 2011, des manifestants brûlaient le portrait du président tunisien. Le 13 juin 2012, il a été condamné à 20 ans de prison.
Keystone

L’ancien président tunisien Ben Ali serait prêt à renoncer, au profit de son pays, à ses avoirs qui pourraient se trouver en Suisse, selon son avocat libanais Me Akram Azoury, une déclaration d’intention qui n’empêchera pas les poursuites, a prévenu Tunis.

Ressources pour la Tunisie

«Je vous prie de prendre note que mon client se désiste en faveur de l’Etat tunisien de tous prétendus avoirs ou ressources économiques qui se trouveraient sur le territoire suisse et revenant à l’ancien président Zine El Abidine Ben Ali», écrit-il dans un projet de lettre dont il a transmis une copie à l’AFP.

«Le président Ben Ali dément toujours vigoureusement posséder des avoirs en dehors du territoire tunisien, ni en Suisse ni dans n’importe quel autre pays», a-t-il dit à l’AFP. «Je veux mettre fin aux surenchères», a expliqué l’avocat, affirmant que «la Suisse avait annoncé avoir gelé des avoirs sans dire lesquels et le montant.»

Dans son projet de lettre, Me Azoury indique que la Suisse est «irrévocablement» autorisée à remettre à la Tunisie «ces prétendus avoirs et ressources (...) sans qu’il soit nécessaire de suivre aucune formalité judiciaire et extra-judiciaire et sans même en référer à mon client.»

Dans cette lettre qu’il entend adresser au ministère suisse des Affaires étrangères, l'avocat ajoute: «Vous êtes par conséquent irrévocablement autorisés à transférer ces prétendus avoirs et ressources à l’Etat tunisien sans qu’il soit nécessaire de suivre aucune formalité judiciaire et extra-judiciaire et sans même en référer à mon client.»

La justice suit son cours

Le chef du parti Ennahda, majoritaire au gouvernement tunisien, Rached Ghannouchi, a souligné que Ben Ali n’échapperait pas pour autant à la justice de son pays. «Qu’il fasse cela, nous serons heureux de récupérer l’argent qui a été volé et se trouve à l’étranger. Nous ne manquerons pas de le juger pour tous ses crimes», a dit à l’AFP Ghannouchi, qui a passé vingt ans en exil sous Ben Ali.

«Ben Ali est poursuivi en justice pour des biens mal acquis mais il y a aussi beaucoup d’autres crimes», a renchéri le ministre de l’Intérieur, Ali Larayedh, longuement emprisonné sous l’ancien régime.

60 millions «gelés»

Fin juin, une délégation d’experts tunisiens avait rencontré à Berne et à Lausanne des responsables suisses en charge du dossier de la restitution d’avoirs gelés, avait indiqué le gouvernement helvétique.

Pour les autorités suisses, «l’objectif de cette collaboration renforcée est de parvenir aussi rapidement que possible à la restitution des avoirs d’origine illicite détenus par l’entourage de l’ancien régime du président Ben Ali.»

En octobre dernier, Berne avait indiqué avoir bloqué pour 60 millions de francs suisses (48,7 millions d’euros) d’avoirs tunisiens.

Ben Ali a pris la fuite le 14 janvier 2011 à l’issue de la révolution et vit en Arabie saoudite. Ce pays n’a jamais réagi aux demandes d’extradition de Tunis. L’ex-président a déjà été condamné par contumace en Tunisie à de lourdes peines, notamment à perpétuité pour complicité d’homicides volontaires, et lui et ses proches sont aussi accusés d’une multitude de crimes économiques et financiers.

AFP

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