Passer au contenu principal

Essebsi et Marzouki vont s'affronter dimanche

Au second tour de la présidentielle, les Tunisiens choisiront dimanche entre le président sortant Moncef Marzouki et le chef d'un parti anti-islamiste, Béji Caïd Essebsi.

Au second tour de la présidentielle, les Tunisiens choisiront dimanche entre le président sortant Moncef Marzouki et le chef d'un parti anti-islamiste, Béji Caïd Essebsi.
Au second tour de la présidentielle, les Tunisiens choisiront dimanche entre le président sortant Moncef Marzouki et le chef d'un parti anti-islamiste, Béji Caïd Essebsi.
Keystone

Les deux candidats tunisiens pour la présidentielle se méprisent. Ce scrutin devrait mettre un terme à quatre ans de transition parfois chaotique.

A 88 ans, l'ex-premier ministre Béji Caïd Essebsi, est arrivé en tête au premier tour de la présidentielle, avec 39,46%. Il fait figure de favori pour ce scrutin qui doit permettre aux Tunisiens d'élire pour la première fois librement leur chef de l'Etat.

A 64 ans, le président sortant, Moncef Marzouki, a obtenu 33,43% des suffrages au premier tour. Ce médecin et militant des droits de l'homme n'a cessé de présenter son adversaire comme un tenant de l'ancien régime.

La campagne électorale s'est déroulée sans réels incidents. Elle a été marquée par des échanges d'invectives continus entre les finalistes tant les deux hommes se méprisent. Béji Caïd Essebsi a refusé de débattre avec son concurrent qu'il qualifie d'«extrémiste».

«Prestige» de l'Etat

Béji Caïd Essebsi a servi comme ministre sous le régime autoritaire du père de l'indépendance Habib Bourguiba, puis au début des années 1990 comme président du Parlement de Zine El Abidine Ben Ali, renversé par la révolution de 2011. Il a aussi été Premier ministre durant dix mois en 2011.

Il se pose en candidat du retour du «prestige» de l'Etat qui a été miné selon lui par Moncef Marzouki, élu en 2011 par la Constituante avec l'appui d'Ennahda. Il l'accuse d'être un «extrémiste» qui s'est compromis avec les islamistes et même de courtiser les djihadistes.

Bras de fer

Dans ce bras de fer, Ennahda, deuxième force du pays, a annoncé rester neutre. Ce parti islamiste refuse de soutenir l'un ou l'autre des candidats et assurant être prêt à travailler avec Nidaa Tounès après les élections.

Néanmoins, certains parmi les faucons du mouvement islamiste, tels que Sadok Chourou et Habib Ellouz, ont appelé leurs partisans à voter en faveur de Moncef Marzouki.

Craintes et espoirs

Le résultat du scrutin doit être annoncé entre le 22 et le 24 décembre. Les Tunisiens espèrent ainsi achever quatre ans de transition postrévolutionnaire sans basculer dans la guerre civile ou la répression comme le voisin libyen ou l'Egypte.

«Il y a eu beaucoup de secousses et d'instabilité (depuis la révolution), nous n'avons pas connu que de bonnes choses», relève Salem Zribi. Ce professeur à la retraite espère que ce scrutin marquera un retour à l'ordre.

La Tunisie a connu une multitude de crises politiques et fait face à l'essor d'une mouvance djihadiste armée accusée par les autorités d'avoir tué des dizaines de militaires et assassiné deux opposants aux islamistes. Le pays reste néanmoins une référence pour la communauté internationale, les autres Etats du Printemps arabe ayant largement sombré dans la violence.

Misère et chômage

Mais l'analyste politique tunisien Ahmed Manaï rappelle que des causes profondes de la révolte de 2011 sont encore là. A commencer par la misère et le chômage qui minent toujours le pays.

«Sur le plan économique et social, (ce) sera plus difficile parce que les énormes problèmes socio-économiques prendront beaucoup de temps à être résolus et que le chômage et la hausse des prix va encore persister», dit-il.

Rétablir la confiance

Selon lui, il s'agira après la présidentielle du début d'une «autre période transitoire». Il s'agira de rétablir la confiance des investisseurs, réformer et relancer une économie anémique et souffrant des mêmes maux que sous le régime déchu.

Le président, qui a vu ses prérogatives réduites dans la nouvelle Constitution afin d'éviter une dérive autoritaire, n'aura cependant que peu de pouvoir. Son élection au suffrage universel lui confère néanmoins un poids politique important avec un rôle central en matière de diplomatie et de défense.

(ats)

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.