La Gambie exposée à la «folie» de son président

AfriqueYahya Jammeh refuse de quitter le pouvoir et défie les pays voisins qui lui demandent de partir.

Yahya Jammeh

Yahya Jammeh Image: Keystone

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La tension monde en Gambie, après que l’armée a juré allégeance au président destitué, Yahya Jammeh. Au pouvoir depuis 1994, il a été battu à l’élection présidentielle le 1er décembre par Adama Barrow, homme politique encore inconnu du grand public il y a six mois. Après avoir reconnu sa défaite, Jammeh a finalement annoncé qu’il ne quitterait pas le pouvoir. A la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao), qui envisage une intervention militaire pour faire respecter le résultat de la présidentielle, il a répondu qu’il s’agissait «d’une déclaration de guerre». Ajoutant: «Si la Cédéao ne renonce pas à l’expression «usage de la force», nous risquons une confrontation militaire.»

Jammeh réclame un nouveau scrutin. Et multiplie les mesures de rupture. Au cours du week-end, les forces de sécurité gambiennes ont fermé trois stations de radio, dont la dissidente Teranga FM, célèbre pour son ton critique envers le régime de Jammeh.

«Si la Cédéao ne renonce pas à l’expression «usage de la force», nous risquons une confrontation militaire»

Lundi, c’est le chef de la commission électorale, qui avait annoncé la victoire de Barrow, qui a dû fuir le pays, menacé de mort.

Le lendemain, le chef d’état-major de l’armée a réaffirmé sa fidélité au président déchu, exprimant «la loyauté indéfectible des Forces armées».

La victoire de Barrow avait insufflé de l’espoir aux Gambiens, dont les 60% vivent dans la pauvreté, et le tiers avec moins de 1,5 franc par jour. Ayant émigré au Royaume-Uni, où il a officié comme vigile de supermarché, il tenait un discours préventif contre l’émigration économique forcée, pointant du doigt la crise gambienne.

Le président élu est censé prendre ses fonctions le 19 janvier. Mais Yahya Jammeh semble déterminé à aller jusqu’au bout. Une de ses anciennes conseillères en communication, citée par RFI, met en garde: «Il est désespéré et prêt à tout pour rester au pouvoir. S’il n’est plus président, il n’est plus personne. Ne soyez pas surpris qu’il fasse quelque chose de vraiment fou.»

Créé: 05.01.2017, 20h56

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