L’ONU prend en main l’offensive contre Ebola

EpidémiePour éviter le risque de propagation de l’épidémie les Nations Unies vont coordonner la lutte contre la maladie sur place.

L'épidémie progresse, jusqu'à aujourd'hui plus de 1200 personnes sont décédées.

L'épidémie progresse, jusqu'à aujourd'hui plus de 1200 personnes sont décédées. Image: Baz Ratner/Reuters

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L’ONU a pris de nouvelles mesures pour contenir l’épidémie d’Ebola qui frappe la République démocratique du Congo (RDC). Le représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies dans la région, David Gressly, a été nommé jeudi pour coordonner l’intervention d’urgence dans les zones touchées. Lundi, le patron de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, avait sonné le tocsin en appelant à l’union contre «l’ennemi public numéro un». L’état des lieux dressé par l’OMS réunie en assemblée générale depuis le début de semaine à Genève appelle une réaction rapide si l’on veut éviter que la maladie ne se propage.

Pour l’instant, les cas recensés se limitent à certaines régions des provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu. Pour autant, la situation est loin d’être sous contrôle. Les attaques menées par les groupes armés ont considérablement compliqué le travail des équipes médicales. En avril dernier, un épidémiologiste déployé par l’OMS, le Dr Richard Valery Mouzoko Kiboung, a été tué dans l’attaque d’un hôpital à Butembo, ce qui a entraîné une suspension de la campagne de vaccination.

«Nos activités ont repris seulement au début du mois de mai. Entre-temps, comme on pouvait s’y attendre, l’épidémie a progressé. Maintenant nous devons rattraper notre retard pour empêcher que la maladie ne gagne du terrain», explique le Dr Oly Ilunga Kalenga, ministre de la Santé de la RDC. Depuis plusieurs mois, les problèmes de sécurité entravent l’action des autorités locales et de la communauté internationale pour combattre efficacement le virus. Du coup, c’est le spectre d’une épidémie qui pourrait se propager aux grandes villes et au pays voisins qui se dessine. C’est ce qui a poussé l’ONU à prendre les choses en main.

«L’environnement dans lequel nous devons intervenir pour lutter contre la maladie est extrêmement complexe. Nous n’avons pas de temps à perdre», a prévenu David Gressly qui va se charger de mettre en œuvre un soutien opérationnel à la mesure de l’enjeu pour que l’OMS puisse identifier et traiter les gens le plus rapidement possible et dans un environnement sécurisé. La réflexion conduite à Genève ces derniers jours a convaincu les autorités sanitaires qu’il fallait changer d’échelles dans les moyens déployés pour lutter contre la maladie.

Plus de 1200 personnes sont déjà mortes et un tiers de celles qui sont tombées malades sont des enfants. Une proportion plus élevée que dans les épidémies précédentes. «Jusqu’à présent, nous sommes parvenus à prévenir l’extension. Goma a été épargnée», constate Oly Ilunga Kalenga. Lequel insiste sur l’efficacité de son gouvernement, de l’OMS et des humanitaires engagés sur le terrain et qui ont réussi une telle prouesse dans de telles circonstances. Si la situation est inquiétante, il estime qu’elle n’est pas comparable à ce qui s’est passé en Guinée en 2014. «En neuf mois, 20'000 cas ont été recensés et plus de 8000 décès ont été déplorés», rappelle ce dernier. Pour autant, le ministre de la Santé de la RDC ne minimise pas l’importance des efforts qui vont devoir être déployés dans les prochaines semaines. «Ebola est l’une des maladies les plus contagieuses. Elle est particulièrement mortelle et constitue une menace pour la sécurité sanitaire mondiale. Nous nous devons de faire le maximum pour la combattre», défend Oly Ilunga Kalenga qui compare le virus à «un monstre à plusieurs têtes». «Lorsque nous en venons à bout à un endroit, il réapparaît ailleurs», souligne-t-il. Sur le terrain, la tâche des médecins de l’OMS est en outre compliquée, parfois, par la réticence des populations à entrer dans un processus de soin. Cette mauvaise expérience a conduit les autorités locales et l’OMS à intégrer les leaders traditionnels au processus de concertation.

Créé: 23.05.2019, 18h42

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