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En Tunisie, les derniers coups de la présidentielle

La campagne du 2e tour a été âpre entre Moncef Marzouki et Béji Caïd Essebsi, deux hommes que tout oppose.

Qui de Moncef Marzouki, le président sortant, et Béji Caïd Essebsi, leader du courant libéral incarné par le parti Nidaa Tounès, emportera dimanche le droit de s’installer au palais de Carthage? Les Tunisiens ne sont pas mécontents de voir s’achever une campagne de deuxième tour marquée par les invectives. Tout du long, les deux candidats, que tout oppose, n’ont pas caché leur mépris l’un pour l’autre, en multipliant les attaques personnelles. Qualifiant son adversaire d’«extrémiste» soutenu par les «salafistes djihadistes», Béji Caïd Essebsi a également refusé de débattre avec lui à la télévision. Moncef Marzouki, lui, n’a pas hésité à répéter que «seules les fraudes feraient gagner l’autre camp». Ce qui lui a d’ailleurs valu un avertissement de la part de l’instance chargée d’organiser les élections. 

Malgré son âge, 88 ans, l’ex-premier ministre Béji Caïd Essebsi semble partir légèrement favori. Arrivé en tête au premier tour avec 39,46% des voix, et bénéficiant de la victoire de son parti aux législatives d’octobre, il se pose en homme d’expérience et récolte du soutien à Tunis et dans le Nord, là où se concentre l’intelligentsia. Mais pour nombre de Tunisiens, il est aussi l’incarnation de l’ancien régime, un homme qui a bâti sa carrière sous Bourguiba et qui a encore officié sous l’ère Ben Ali.

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