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Espionnage américainOffensive diplomatique de l'Allemagne contre les USA

Une délégation allemande de haut rang doit se rendre la semaine prochaine aux USA pour obtenir des explications sur la surveillance du téléphone d'Angela Merkel.

Les révélations sur la surveillance présumée du portable d'Angela Merkel par les Etats-Unis ébranle l'Allemagne.
Les révélations sur la surveillance présumée du portable d'Angela Merkel par les Etats-Unis ébranle l'Allemagne.
Keystone

L’Allemagne s’est engagée dans une offensive diplomatique à la suite des révélations sur la surveillance présumée du portable de la chancelière Angela Merkel par Washington. Une délégation allemande doit se rendre la semaine prochaine aux Etats-Unis pour obtenir des explications et un projet de résolution est prévu à l’ONU.

La mission va comprendre des membres des services secrets allemands, selon la presse allemande citant samedi des sources proches des services de renseignements. «Des représentants de haut rang du gouvernement vont se rendre rapidement aux Etats-Unis afin d’avancer dans les discussions avec la Maison blanche et la NSA sur les allégations récemment évoquées», avait déclaré vendredi le porte-parole adjoint de la chancelière.

Selon le quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung(FAZ), le chef des services secrets allemands (BND), Gerhard Schindler, sera du voyage, tout comme, selon d’autres médias, le chef de la chancellerie et chargé du renseignement, Ronald Pofalla.

Résolution à l’ONU

Parallèlement, l’Allemagne prépare conjointement avec le Brésil une résolution à l’ONU sur la protection des libertés individuelles, selon des diplomates onusiens. Une ébauche de résolution devrait être soumise vendredi prochain à la Commission des droits de l’homme de l’assemblée générale des Nations unies.

La Suisse a participé à une séance d’information sur ce projet de résolution, a indiqué un porte-parole du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), confirmant une information d’un magazine américain. Elle est généralement favorable à ce que l’ONU se saisisse de ce thème mais le contenu du texte fait encore l’objet de consultations.

«L’espionnage entre amis, cela ne va pas du tout», avait affirmé Angela Merkel lors du sommet des dirigeants de l’UE en fin de semaine à Bruxelles.

L’affaire a été évoquée au cours d’un entretien bilatéral avec le président français François Hollande. Les deux dirigeants ont affirmé «l’un comme l’autre le caractère inacceptable» des écoutes américaines, souhaitant que «l’on trouve les moyens d’en sortir».

La colère née des révélations sur un possible espionnage du portable de la chancelière n’est pas retombée en Allemagne, où la confiance qu’elle a jusqu’ici accordée à Barack Obama est évoquée.

Le doute sera encore alimenté par de nouvelles informations de l’hebdomadaire Der Spiegel samedi soir: selon des documents de la NSA dont le magazine dit disposer, la chancelière est sur une liste d’écoutes depuis 2002 et l’était encore quelques semaines avant la visite du président américain à Berlin, en juin dernier.

Cette liste a été établie par un service spécial de la NSA, le Special Collection Service (SCS). Le téléphone de la chancelière allemande y figurait sous le code «GE Chancellor Merkel».

Dans un document du SCS cité par le magazine, la NSA dit disposer d’une «antenne d’espionnage non recensée légalement» au sein de l’ambassade des Etats-Unis à Berlin. La mise au jour de cette antenne «nuirait gravement aux relations des Etats-Unis avec un autre gouvernement», est-il écrit.

A partir de cette antenne, des agents de la NSA et de la CIA surveillaient les communications dans le quartier des ministères dans la capitale allemande à l’aide de matériel de haute technologie.

Citant un document secret datant de 2010, Der Spiegelajoute que de telles antennes existent dans environ 80 endroits à travers le monde, notamment à Paris, Madrid, Rome, Prague, Genève et Francfort. Le magazine souligne qu’il ne lui est pas possible d’établir si le SCS enregistrait les conversations ou se contentait de collecter les données.

AFP

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