La guerre est ouverte entre les démocrates et la Maison-Blanche

États-UnisDes témoignages recueillis dans le cadre de l’enquête pouvant mener à la destitution de Donald Trump sont rendus publics.

Adam Schiff, le représentant démocrate qui mène l’enquête parlementaire pouvant mener à la destitution de Donald Trump.

Adam Schiff, le représentant démocrate qui mène l’enquête parlementaire pouvant mener à la destitution de Donald Trump. Image: EPA

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Il obsède Donald Trump et est la cible des insultes du président des États-Unis depuis des semaines. Lundi, Adam Schiff, le représentant démocrate qui mène l’enquête parlementaire pouvant mener à la destitution de Donald Trump, a contre-attaqué. Il a annoncé la publication des retranscriptions de deux témoins clés dans l’enquête ukrainienne visant le président. L’ancien procureur a aussi dénoncé la décision de quatre membres de l’administration Trump de ne pas honorer leur citation à comparaître lundi. «Nous pouvons en déduire que leur témoignage incriminerait pleinement le président», a affirmé l’élu californien.

John Eisenberg, l’un des quatre témoins auxquels les parlementaires voulaient poser des questions, est l’avocat du Conseil de sécurité nationale du président américain. Il est aussi celui qui avait décidé de placer dans un serveur top secret la retranscription de l’appel du 25 juillet entre Donald Trump et le président ukrainien Volodymyr Zelensky. Au cours de cette conversation, le président américain avait demandé une «faveur» à son homologue ukrainien. Il l’avait ensuite incité à enquêter sur la famille de l’ancien vice-président Joe Biden, l’un des candidats démocrates à la Maison-Blanche en 2020.

«Position hors la loi»

Le refus d’Eisenberg de comparaître a été vivement critiqué par Adam Schiff. «C’est inquiétant que l’un des principaux avocats de cette administration adopte une position hors la loi consistant à refuser une citation à comparaître légale du Congrès.»

Dans leur duel avec Donald Trump, les démocrates ont néanmoins planté une nouvelle banderille en publiant le témoignage de Marie Yovanovitch, ancienne ambassadrice des États-Unis en Ukraine, et de Michael McKinley, un ancien conseiller du Département d’État. Ce dernier a déclaré aux parlementaires avoir démissionné au terme d’une carrière diplomatique de trente-sept ans car il était «troublé» par les efforts de l’administration Trump à solliciter auprès de gouvernements étrangers des informations compromettantes sur les adversaires politiques du président.

Le témoignage de Marie Yovanovitch dépeint dans le détail une diplomatie de l’ombre menée par Rudy Giuliani, l’avocat personnel de Donald Trump. Et certains éléments de son témoignage sont dignes d’un polar. La diplomate a été rappelée prématurément à Washington au printemps sur une décision d’un Donald Trump nourri de théories du complot par Rudy Giuliani et deux de ses associés, Lev Parnas et Igor Fruman. Ces deux hommes ont été inculpés le mois dernier après avoir été arrêtés à l’aéroport de Washington.

«Fais attention»

«Un haut responsable ukrainien m’a dit de vraiment faire attention à moi, a raconté Marie Yovanovitch aux parlementaires. Il m’a dit […] que deux individus de Floride, MM. Parnas et Fruman, qui travaillaient avec Rudy Giuliani, […] voulaient avoir un nouvel ambassadeur (ndlr: américain en Ukraine) parce qu’ils voulaient faire des affaires en Ukraine.» Le 24 avril, Marie Yovanovitch avait alors reçu un appel en pleine nuit du Département d’État américain lui ordonnant de «sauter dans le premier avion pour Washington» pour sa propre «sécurité».

Ces premiers témoignages rendus publics par les démocrates ont immédiatement créé des remous à Washington. Mais la grande inconnue pour l’opposition à Donald Trump est de savoir si ces retranscriptions et la perspective d’audiences publiques dans l’enquête ukrainienne permettront de renforcer le soutien des Américains à leur démarche.

À l’heure actuelle, une courte majorité d’Américains soutient la destitution du président des États-Unis. Plusieurs militants rencontrés ces derniers jours dans l’Iowa, comme Nick Strittmatter, un avocat de Monticello, suivent de près et approuvent la procédure de destitution de Donald Trump. «Le président est extrêmement malhonnête et une menace pour notre démocratie», martèle-t-il.

Supporters fidèles

Donald Trump peut en revanche toujours s’appuyer sur la fidélité à toute épreuve de sa base de supporters. «Je ne suis pas d’accord avec la destitution, réagit Mark Delarm, un supporter de Donald Trump rencontré samedi à Vinton, une petite ville de l’Iowa. Je n’aime pas comme ils sont tous contre Trump. Ils l’attaquent parce qu’il promeut du changement qui a du sens.»

Créé: 04.11.2019, 22h23

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