La planète s’est réchauffée en 2017, Donald Trump se plaint du froid

ClimatLe président américain se moque du réchauffement climatique. L’année 2017 aura pourtant encore battu des records alarmants.

Donald Trump: «Dans l’est, cela pourrait être la veille du jour de l’an la plus froide jamais enregistrée.»

Donald Trump: «Dans l’est, cela pourrait être la veille du jour de l’an la plus froide jamais enregistrée.» Image: AP

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Les températures glaciales qui sévissent en ce moment en Amérique du Nord, jusqu’à -40°, semblent inspirer le twitteur invétéré qu’est Donald Trump: «Dans l’est, cela pourrait être la veille du jour de l’an la plus froide jamais enregistrée. Peut-être qu’on pourrait utiliser un peu de ce bon vieux réchauffement climatique contre lequel notre pays – mais aucun autre pays – s’apprêtait à débourser des trillions de dollars pour s’en protéger. Couvrez-vous!» lançait jeudi soir le climatosceptique qu’est l’actuel président des États-Unis sur le réseau social.

À vrai dire, l’ironie acérée comme un pic à glace du leader de la première puissance mondiale, laquelle s’est retirée de l’accord de Paris sur le climat, est plutôt mal placée. Elle n’a pas manqué de susciter de vives réactions de la communauté scientifique, jusque loin à la ronde. «Ce n’est pas très utile d’avoir un président des États-Unis crachant de telles inepties», commentait un professeur expert en climatologie, James Renwick, depuis Wellington en Nouvelle-Zélande. «Le changement climatique est très réel même s’il fait froid à l’extérieur de la Trump Tower en ce moment», se moquait pour sa part le directeur de l’Académie des sciences de Californie, Jon Foley.

Il y a dix jours, l’Organisation météorologique mondiale, basée à Genève, livrait ce constat: 2017 devrait être l’année la plus chaude jamais observée depuis le début des relevés (à la fin du XIXe siècle), si l’on excepte 2015 et 2016, deux années marquées par le phénomène naturel El Niño, qui se produit tous les trois à sept ans dans le Pacifique et accentue le réchauffement climatique.

Ce constat pour 2017 est tiré d’une compilation de onze mois d’observations, provenant d’instituts scientifiques faisant autorité en la matière. Décembre, certes, manque encore à l’appel, mais la tendance est déjà annoncée. Les données pour arriver à ce constat proviennent d’ailleurs pour une bonne part d’organismes états-uniens. Comme le Goddard Institute for Space Studies de la Nasa ou encore l’Administration américaine pour les océans et l’atmosphère, le NOAA, qui s’emploie à mesurer les températures à la surface des terres et des océans pour l’ensemble de la planète.

Cet organisme s’inquiète en particulier de l’étendue de la banquise de l’Arctique et de l’Antarctique, qui a atteint en 2017 des minima records. «L’Arctique ne montre aucun signe qu’il retrouvera son statut de ces dernières années, soit de région gelée de façon permanente», relevait-il il y a quinze jours. Pour l’anecdote, au début de décembre, les scientifiques du NOAA communiquaient sur un incident symptomatique survenu à la station de Utqiavik, en Alaska: le réchauffement climatique s’est à ce point accentué dans l’Arctique qu’un algorithme servant à l’enregistrement des mesures a dysfonctionné, incapable de fournir les données pour 2017.

En novembre, des mesures effectuées dans l’archipel de Svalbard, à l’est du Groenland, ont indiqué des températures de 6° au-dessus de la normale saisonnière, selon Copernicus, le système européen de surveillance du changement climatique. Or ces phénomènes, loin d’être épisodiques, se multiplient. Et c’est bien là le problème. La patrie de Donald Trump n’échappe pas à ces anomalies répétées. 2017 aura aussi été pour les seuls États-Unis l’année la plus chaude. Huit États du pays ont battu chaque mois des records de chaleur. Alors oui, il fait froid en ce moment à l’est des Etats-Unis, mais «la météo, ce n’est pas la même chose que le climat. Le président devrait pouvoir comprendre ça. Ce n’est pas difficile», lançait après le tweet présidentiel Pramila Jayapal, une députée démocrate de l’État de Washington. (24 heures)

Créé: 29.12.2017, 21h08

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