La prime de 10 millions de dollars bientôt échue

Etats-UnisLa récompense offerte par le musée Gardner de Boston pour retrouver ses toiles de maîtres d'un valeur d'un demi-milliard de dollars arrivera à échéance à la fin de l'année.

Les cadres dans lesquels ont été découpés les toiles n'ont pas bougé depuis 1990.

Les cadres dans lesquels ont été découpés les toiles n'ont pas bougé depuis 1990. Image: Keystone

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Encore quelques heures pour empocher les dix millions de dollars promis à celui qui donnera au musée Gardner de Boston le tuyau pour retrouver plusieurs tableaux de maîtres volés en 1990, mais à ce stade, les pistes restent minces.

Vingt-sept ans que les responsables de cette institution plus que centenaire espèrent récupérer les 13 oeuvres dérobées la nuit du 18 mars 1990, d'une valeur estimée à au moins un demi-milliard de dollars.

Déguisés en policiers, les cambrioleurs s'étaient fait ouvrir par les deux gardiens de nuit avant de les ligoter puis de repartir avec quelques joyaux, notamment trois Rembrandt, un Vermeer, un Manet et cinq dessins et aquarelles de Degas.

Une récompense d'un million de dollars a rapidement été offerte en échange d'une information de nature à mener au butin, sans succès. En 1997, le Isabella Stewart Gardner Museum, qui porte le nom de sa fondatrice, la fait passer à cinq millions, mais les résultats ne sont guère plus probants.

Après un quart de siècle d'enquête, coup de théâtre en mars 2013, le FBI annonce avoir identifié les voleurs, membres d'une organisation criminelle du nord-est des Etats-Unis. Seul problème, les faits sont prescrits depuis 1995 et les suspects ne peuvent être interpellés ou poursuivis, car ils ne sont apparemment plus en possession des oeuvres.

Mais le musée ne désespère pas et, en mai dernier, porte la récompense à dix millions de dollars, la plus importante somme jamais offerte par un acteur privé, selon l'institution, avec une date limite, fin 2017.

Et à quelques heures de 2018, Anthony Amore, responsable de la sécurité du musée, est sur les dents, malgré les fêtes. «Ca veut dire quoi, souffler? Je ne connais pas ce mot. Nous avons des tableaux à trouver», dit à l'AFP cet ancien du ministère américain de la Sécurité nationale (DHS), sur le coup depuis 2005.

Le trésor n'est pas loin

Depuis le vol, les cadres dans lesquels ont été découpés les toiles n'ont pas bougé, pour respecter les dernières volontés d'Isabella Stewart Gardner, qui voulait que tout soit maintenu en l'état dans son musée.

L'institution est désormais beaucoup plus connue pour ce cambriolage à l'ancienne que pour son somptueux palais, bâti en assemblant des vestiges achetés en Italie, ou sa collection, encore forte de belles pièces, comme un Titien, deux Velazquez ou un Rubens.

Cette date limite aide à redonner un peu d'élan à une affaire qui semble dans l'impasse, après des milliers d'heures d'auditions et des déplacements aux quatre coins du monde sur la foi d'indices.

«L'enquête a connu beaucoup de tournants et de rebondissements, des pistes prometteuses et des impasses», résume Kristen Setera, porte-parole de la police fédérale (FBI) de Boston.

«L'attention va croissante» à l'approche de la fin de l'année, explique Anthony Amore, ravi. «On a reçu beaucoup d'appels et de courriers électroniques.»

«Quelques-uns d'entre eux ont été très précieux», ajoute-t-il, sans plus de précision. Pour celui qui entamera l'an prochain une carrière politique en se présentant à l'Assemblée du Massachusetts sous bannière républicaine, le trésor n'est «pas loin de là où je suis assis, ici à Boston».

Quel qu'il soit, le détenteur aujourd'hui ne peut en profiter comme un collectionneur ordinaire, selon lui. «Vous ne pouvez pas l'accrocher au mur», dit-il. Ces tableaux «sont la plus exacte définition de l'inestimable. Ils ne peuvent pas être vendus ou changés de place.»

Si une personne découverte en possession des objets volés pourrait encore être poursuivie, l'heure n'est plus à la sanction. Le FBI a d'ailleurs déjà indiqué qu'il serait prêt à accorder l'immunité au détenteur d'une piste fiable.

«Nous ne sommes plus sur les poursuites. Tout est concentré sur la récupération» des oeuvres, assure Anthony Amore. (afp/nxp)

Créé: 29.12.2017, 07h07

Articles en relation

Condamnés pour avoir volé des tableaux

Vaud Les trois hommes accusés d'avoir dérobés des oeuvres d'art après le décès d'une riche Française ont été condamnés vendredi à Lausanne. Plus...

Bouvier sur Rybolovlev: «C'est la guerre»

Affaire des tableaux Le président de l'AS Monaco Dmitri Rybolovlev estime avoir été floué par le marchand d'art genevois, qui s'exprime jeudi. Plus...

Peine ferme requise contre le commissaire-priseur

Lausanne - Justice Trois hommes étaient sur le banc des accusés mercredi à Lausanne dans une sombre histoire de tableaux volés. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

L'actu croquée par nos dessinateurs, partie 5

Woody Allen dans la tourmente de l'affaire Weinstein, paru le 20 janvier 2018.
(Image: Vallott) Plus...