Les États-Unis et la Chine concluent une trêve

Guerre commercialeWashington et Pékin ont signé un accord partiel. Mais les points les plus sensibles du conflit qui les oppose n’ont pas été réglés.

Le président américain, Donald Trump, a dû se contenter de serrer la main du vice-premier ministre chinois Liu He, le président chinois, Xi Jinping, ayant brillé par son absence.

Le président américain, Donald Trump, a dû se contenter de serrer la main du vice-premier ministre chinois Liu He, le président chinois, Xi Jinping, ayant brillé par son absence. Image: AFP

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Washington a été mercredi le théâtre du spectacle saisissant qu’offre la présidence de Donald Trump. Au moment où la Chambre des représentants votait une résolution permettant l’ouverture du procès de Donald Trump devant le Sénat la semaine prochaine, le président des États-Unis signait à la Maison-Blanche une trêve commerciale avec la Chine.

À l’occasion d’une cérémonie à laquelle assistait le vice-premier ministre chinois Liu He, Donald Trump s’est félicité de la conclusion d’un accord commercial partiel «incroyable» avec la Chine. «Il n’y a rien de plus grand que ça», a martelé le président des États-Unis. «Conserver l’harmonie entre ces deux nations géantes et puissantes est tellement important pour le monde.»

Donald Trump, un homme qui aime soigner les apparences, a dû se contenter de signer la première étape de l’accord commercial sans le président chinois, Xi Jinping. Cette absence reflète la nature de cette trêve qui ne résout pas les questions épineuses au cœur de la guerre commerciale que Donald Trump avait déclenchée avec la Chine en juillet 2018.

Les taxes à l’importation sur les produits chinois imposées par le président des États-Unis restent pour la plupart en vigueur. La Chine s’engage à acheter pour 200 milliards de dollars de produits américains d’ici au 31 décembre 2021, notamment des produits laitiers, ainsi que de la viande de bœuf et de porc.

Cet accord offre du répit et une victoire politique à une administration Trump qui a dû verser pour 28 milliards de dollars de subventions aux agriculteurs américains, qui sont frappés de plein fouet par la guerre commerciale avec la Chine.

Questions en suspens

Le traité ne touche en revanche pas aux subventions que Pékin verse aux entreprises chinoises et qui étaient à l’origine de la guerre commerciale. Cette question épineuse est à peine abordée dans le document de 86 pages. La Chine ne s’engage en effet qu’à respecter ses obligations dans le cadre de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), selon lesquelles elle doit publier «ses lois, ses réglementations et les autres mesures liées à ses politiques et programmes de soutien intérieur».

L’administration Trump a accepté de retirer la Chine de la liste des pays qu’elle accuse de manipulations des taux de change. Et l’accord réaffirme que chacun des signataires «doit respecter l’autonomie de l’autre signataire en matière de politique monétaire».

Malgré la signature de ce texte, la manière dont les relations entre les États-Unis et la Chine vont évoluer cette année demeure incertaine. Le groupe de recherche financière Stenn a publié cette semaine un rapport selon lequel près de la moitié des entreprises américaines (45%) s’attendent à une récession dans leur pays, alors que l’économie chinoise pourrait croître à un taux de 6% ou 7%.

«Donald Trump a joué avec le commerce mondial et, alors que les Chinois sont confiants que leur économie va pouvoir croître avec la fin de la guerre commerciale, le tableau est très différent aux États-Unis», affirme Kerstin Braun, présidente de Stenn, dans un communiqué. «Les États-Unis restent exposés aux décisions commerciales imprévisibles de Donald Trump. Et alors que les bases de l’économie, comme l’emploi, sont saines, il y a plusieurs signaux d’alerte qui laissent entrevoir une certaine faiblesse au second semestre de 2020.»

Inquiétudes

La spécialiste base son analyse sur le niveau d’endettement du gouvernement américain et des entreprises ainsi que sur la hausse des prêts contractés par les Américains. Kerstin Braun s’inquiète aussi des répercussions de la guerre des tarifs «capricieuse» et non résolue entre les États-Unis et la Chine sur le commerce mondial. «L’incertitude a un impact sur les marges à court terme et sur les investissements à long terme des compagnies d’envergure internationale», conclut-elle. «La guerre commerciale touche peut-être à sa fin, mais la guerre technologique se poursuit.»

Créé: 15.01.2020, 22h50

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