Marée humaine en Argentine contre les féminicides

Meurtres machistesManifestation monstre, mercredi, à Buenos Aires suite à une vague d’assassinats de femmes. La foule réclame des actes.

«Ni una menos!» (Pas une de moins!), ont scandé les manifestants.

«Ni una menos!» (Pas une de moins!), ont scandé les manifestants. Image: AFP

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Par centaines de milliers, ils ont envahi mercredi les rues du centre-ville de Buenos Aires. Scandalisés par une série de meurtres odieux commis contre des femmes, une marée d’Argentines et nombre de compatriotes masculins ont manifesté leur indignation et réclamé, devant le parlement, qu’un véritable plan national pour éradiquer la violence machiste soit enfin mis en œuvre.

A l’origine de cette mobilisation historique, trois meurtres particulièrement sordides. A commencer par celui d’une adolescente de 14 ans, enceinte, qui a été tuée par son ex-petit ami âgé de 16 ans, puis enterrée avec l’aide de ses parents dans le jardin de la maison familiale. Il y a aussi cette institutrice d’école maternelle, égorgée par son ex-mari devant ses élèves. Enfin, une femme a été criblée de balles par son ex-compagnon éconduit, alors qu’elle se trouvait à la terrasse d’un café.

Une morte toutes les 31 heures

Comme elles, 277 femmes ont été assassinées en 2014 en Argentine. Contre 51 en Espagne, pourtant plus peuplée. A Buenos Aires, Fabiana Túñez de l’ONG Casa del encuentro a calculé que, dans son pays, un «féminicide» est commis toutes les 31 heures. Et entre 2010 et 2012, au moins 53 femmes sont mortes brûlées vives.

Face à cette comptabilité de l’horreur, les manifestants scandaient leur slogan: #NiUnaMenos (Pas une de moins!), brandissaient des photos de leurs proches assassinées, simulaient des scènes de crime, laissaient des empreintes de leurs mains trempées de peinture rouge…

Maladie de la domination

Le féminicide est inscrit dans le Code pénal argentin depuis 2012 et constitue une circonstance aggravante d’un homicide, débouchant sur une peine à la perpétuité (au lieu de 12 à 25 ans de prison). Ce crime existe dans la législation de seize pays latino-américains, dont le Chili, le Pérou, la Colombie et le Brésil.

Mais ce qui manque cruellement, estime Fabiana Túñez, c’est «un plan national pour éradiquer la violence de genre». A commencer par «l’élaboration de statistiques officielles». Aujourd’hui, la police ne fournit pas de chiffres, ils sont comptabilisés par des ONG. Mais surtout, c’est à l’école qu’il faut soigner cette «société malade de paradigmes machistes où la femme est encore une chose à dominer». (24 heures)

Créé: 04.06.2015, 19h22

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