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Buenos AiresL'ancien dictateur argentin Jorge Videla est mort

Condamné à la prison à perpétuité pour la répression sanglante durant sa présidence (1976-1981) et incarcéré dans une prison près de Buenos Aires, l'ancien général Jorge Videla est mort vendredi dans sa cellule.

L'ancien dictateur argentin photographié en mars dernier, lors de investigations judiciaires sur les crimes commis durant l'opération Condor dans plusieurs pays d'Amérique du Sud.
L'ancien dictateur argentin photographié en mars dernier, lors de investigations judiciaires sur les crimes commis durant l'opération Condor dans plusieurs pays d'Amérique du Sud.
Keystone

L’ancien dictateur argentin Jorge Videla, 87 ans, est mort vendredi dans sa cellule. Il purgeait une peine de prison à perpétuité pour avoir imposé une féroce répression lorsqu’il dirigeait la junte militaire de 1976 à 1981.

L’ancien général avait été condamné à la prison à vie pour crime contre l’humanité et à une peine de 50 ans de prison pour le vol de bébés d’opposants. Il est décédé dans la prison de Marcos Paz, dans la province de Buenos Aires, à 45 kilomètres au sud-ouest de la capitale.

«Jeudi, il ne se sentait pas bien, il n’a pas voulu dîner et ce matin, ils l’ont trouvé mort dans sa cellule», a déclaré Cecilia Pando, présidente de l’Association des familles et amis de prisonniers politiques de l’Argentine, qui représentent les nombreux militaires condamnés pour des crimes durant la dictature.

Le rapport médical a conclu à une mort naturelle, a informé l’autorité pénitentiaire. Le secrétaire argentin aux Droits de l’Homme, Martin Fresneda, a jugé «important qu’il soit mort de mort naturelle et dans une prison».

«La justice a été rendue, il n’y a pas eu de vengeance et il s’en va comme une personne qui a été responsable des principales horreurs qu’a vécues le peuple argentin», a-t-il dit en allusion aux diverses condamnation prononcées contre Jorge Videla.

En prison depuis 2008

Videla était en prison depuis 2008, quand il avait été placé en détention préventive dans l’attente de ses multiples procès. Auparavant, il avait été emprisonné de 1985, sa première condamnation, à 1990, quand il a été gracié par le président Carlos Menem. De 1998 à 2008, il était assigné à résidence.

Mardi, il a été entendu à Buenos Aires lors d’une audience du procès consacré au Plan Condor, un réseau de répression des opposants créé par les dictatures militaires d’Amérique du sud dans les années 1970 et 1980. Comme à son habitude, il a refusé de reconnaître la justice civile, estimant qu’il ne pouvait répondre de ses actes que devant un tribunal militaire.

En revanche, il a toujours assumé la responsabilité des faits qui lui sont reprochés en tant que chef de l’armée, cherchant à épargner ses subordonnés qui, selon lui, n’ont fait qu’obéir à ses ordres.

30’000 disparus

Pour Videla, les opposants à son régime étaient de dangereux terroristes ou communistes contre qui l’armée argentine était en guerre.

Les organisations de défense des droits de l’Homme accusent les militaires au pouvoir à Buenos Aires (1976-1983) d’avoir fait disparaître 30’000 personnes et d’avoir torturé ou emprisonné des centaines de milliers de personnes. Videla en a reconnus 7 à 8000. Environ 500 enfants ont été volés durant la dictature et confiés en adoption à des dignitaires du régime.

Coup d’Etat en 1976

Né en 1925 près de Buenos Aires dans une famille d’officiers, Jorge Videla a fait ses études au collège militaire de Buenos Aires. Après une carrière dans l’infanterie, il est devenu chef d’état-major général de l’armée de terre, puis commandant en chef de l’armée de terre, en 1975. En 1976, après un coup d’Etat, il a pris la direction de la junte militaire.

Ce militaire à l’allure fluette, sans conteste le plus connu des quatre dirigeants successifs de la junte, a conservé le pouvoir jusqu’en février 1981. C’est sous son commandement que «la guerre sale» menée contre toute forme d’opposition ou de contestation a atteint son paroxysme.

Après la mort de Videla, seul un des quatre militaires qui se sont succédé au pouvoir entre 1976 et 1983, Reynaldo Bignone, est encore en vie, après le décès de Roberto Biola et Leopoldo Galtier. Il est, lui aussi, emprisonné pour des crimes commis pendant la dictature.

(AFP)

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